EXCLUSIF. Lancés en 2017, les systèmes de détection avifaune conçus par l’entreprise Sens of Life étaient installés sur des éoliennes terrestres pour réduire le risque de mortalité des oiseaux. Selon nos informations, le tribunal de commerce vient de prononcer sa liquidation.Quand les systèmes de détection avifaune (SDA), dispositif technologique conçu pour détecter en temps réel la présence d'oiseaux à proximité des éoliennes, sont devenus une des mesures recommandées pour réduire les risques de mortalité, l’entreprise héraultaise Sens of Life était l’une des pionnières en France.
Dès 2017, ses SDA étaient installés sur des éoliennes en France, Probird pour les oiseaux, Probat pour les chauves-souris.
L’entreprise avait été mise en redressement judiciaire le 6 octobre dernier. Selon nos informations, le 16 janvier dernier, le tribunal de commerce a prononcé sa liquidation.
Créée en 2017, l’entreprise marchait sur deux pieds : un bureau d’études et la conception de SDA pour les oiseaux et les chauves-souris. Elle était vendue fin 2022 à la holding Solstice (constituée par plusieurs entrepreneurs issus du secteur des énergies renouvelables), et Luc Vuchot en prenait les manettes début 2023 « avec pour objectif d’industrialiser l’entreprise », rappelle-t-il.
Pertes commerciales et réputationnelles
Une source interne évoque un « mauvais pilotage stratégique », « une mauvaise communication avec les clients », et même « de faux signaux envoyés au marché alors qu’on était en cessation de paiement depuis avril 2025 ». Luc Vuchot a donné d’autres explications :
« Le business plan prévoyait une croissance douce et un renforcement des effectifs de 20 % mais il y avait un gap avec la réalité, raconte-t-il aujourd’hui. Nous avons dû renforcer les effectifs à plus de 100 % pour monter à une cinquantaine de salariés. Et il a fallu re-développer les solutions technologiques qui n’étaient pas suffisamment matures, notamment pour Probird. Il aurait fallu investir 1,5 million d’euros sur les deux premières années post-rachat… On est tombé en redressement judiciaire sur la ligne d’arrivée ! »
Courant 2023, un incident de mise à jour sur Probat, « préparée par direction précédente » n’a pas fonctionné, « et nous avons perdu toutes les données, avec conséquences désastreuses sur les suivis environnementaux ». Un épisode qui aurait coûté « 1 million d’euros en pertes directes et l’équivalent en pertes indirectes, commerciales et réputationnelles », selon le dirigeant qui affirme pourtant que depuis, « les perspectives 2026 étaient très bonnes ».