Le site du Blayais n’est pas parvenu en 2024 à enrayer la dégradation de ses performances en matière de sûreté, juge l’Autorité de sûreté nucléaire et radioprotection. Le bilan est plus satisfaisant à Civaux, malgré un nouvel épisode de corrosion, et Golfech, stoppée temporairement par la canicule.
On perçoit une forme d'impatience, voire d'agacement dans l'expression, toujours très policée, des responsables de l'Autorité de sûreté nucléaire et radioprotection (ASNR), vis-à-vis de la centrale du Blayais, située en Gironde. Cette instance née au 1er janvier de la fusion de l'ASN et de l'IRSN est notamment chargée de contrôler de manière indépendante le fonctionnement des centrales nucléaires d'EDF.
Et, ces dernières années, les quatre réacteurs du Blayais se distinguent par des appréciations bien moins satisfaisantes que celle attribuées aux autres centrales du Sud-Ouest : Civaux (Vienne) et Golfech (Tarn-et-Garonne).
Un redressement à confirmer au Blayais
En matière de sûreté nucléaire, « la centrale du Blayais n'est pas parvenue en 2024 à enrayer la dégradation des performances constatée depuis 2022 », écrit ainsi l'ASNR dans son rapport annuel présenté ce 2 juillet, qui fait état de 38 inspections de la centrale girondine, dont neuf inopinées. La sûreté désigne la capacité à prévenir des accidents ou d'en limiter les effets.
Le document pointe ainsi des performances « très en retrait » dans la conduite des réacteurs par rapport aux autres centrales d'EDF « comme en témoignent le nombre et la nature des événements significatifs déclarés. » Cinq incidents de niveau 1, le moins grave, ont été détectés l'an dernier. Ce n'est pas beaucoup mieux sur la gestion du risque incendie où l'ASNR relève « un manque de résultats sur le terrain ».
« On avait déjà signalé en 2022, en 2023 et en 2024 ces performances en retrait sur la partie sûreté », appuie Paul de Guibert, le chef de la division de Bordeaux. « EDF a pris en compte ces remarques mais les résultats n'étaient pas là courant 2024. » L'ASNR a donc diligenté une inspection plus approfondie du site en mobilisant 27 inspecteurs et experts du 15 au 20 juin.
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