Le motoriste allemand a perdu plus de 7 % à la Bourse de Francfort, ce lundi, après avoir annoncé une nouvelle baisse de perspectives vendredi soir. Un accident de plus qui inquiète les investisseurs.Porsche a raté son virage. Ce lundi, vers 17 heures, le titre chutait de 7,15 % à la Bourse de Francfort. Une sanction sévère qui répond à la baisse des perspectives annoncées vendredi soir par le groupe. La marque allemande de voitures de luxe a annoncé qu’elle tablait désormais sur un chiffre d’affaires de 37 à 38 milliards d’euros cette année, contre une précédente estimation de 39 à 40 milliards. Surtout, elle s’attend à une marge opérationnelle de 2 % en 2025, contre de 7 à 9 % en juin dernier.
Une douche froide pour les investisseurs qui étaient arrivés en nombre lors de son introduction en Bourse en septembre 2022. D’autant qu’il s’agit du quatrième « avertissement sur profits » de l’année.
« C’est un désastre et il n’y a pas de répit depuis janvier », se désole Emeric Blond, gérant actions chez Tailor AM.
Autant de mauvaises nouvelles qui ont envoyé le cours de l’action du motoriste dans le décor. Le titre Porsche a perdu 40 % sur un an et 51 % depuis son introduction. Il devrait même sortir du Dax 30 (le CAC 40 allemand) prochainement. À titre de comparaison l’action Ferrari a, elle, grimpé de 160 % depuis septembre 2022.
Le Gucci de l’auto
L’accident boursier de la marque allemande vient, en partie, de la faute de Donald Trump. Le président américain a annoncé des droits de douane de 27,5 % sur les véhicules importés aux États-Unis. « Or, toutes les usines de Porsche sont en Allemagne, donc l’entreprise va se prendre de plein fouet les surtaxes », explique Emeric Blond. Si l’Union européenne a négocié une diminution de ses surtaxes à 15 %, ce dernier taux pourrait ne pas entrer en vigueur avant l’année prochaine. En attendant, Porsche craint de voir ses ventes plombées aux États-Unis, un marché qui représente 29 % de ses exportations.
Selon les experts interrogés par La Tribune, le problème de la marque s’explique aussi par des causes bien plus profondes que la politique commerciale américaine.