Alors que le grand rendez-vous du private equity mondial s'ouvre ce jeudi, sur fond de tensions géopolitiques et d'incertitude, une étude d'Alix Partners, en partenariat avec l'Ipem, met en avant l'écart entre les attentes des investisseurs et les propositions des gestionnaires de fonds.Les investisseurs et les gestionnaires de fonds parlent-ils encore le même langage ? L'Ipem Global - la grande messe annuelle du capital investissement - ouvre ses portes jeudi au Palais des Congrès (Paris). Alors que plus de 6 000 financiers du monde entier sont attendus, une récente étude du cabinet de conseil AlixPartners, produite en partenariat avec l'Ipem, met en avant les écarts entre les attentes des investisseurs et les propositions des gestionnaires de sociétés d'investissement.
Dans un cadre géopolitique instable qui remet en question toutes les certitudes, les relations entre investisseurs - appelés « Limited Partners » (« LPs »), en anglais, langue officielle de la finance - et gestionnaires - les « General Partners » (« GPs ») - sont sous pression maximale.
Rapport de force en faveur des « limited partners »
Lorsque tout va bien, les deux bords s'entendent. Le rapport de force est habituellement en faveur des LPs - les assureurs, les fonds souverains, les gestionnaires d'actifs, les family offices, etc. - courtisés par les gestionnaires lorsque ces derniers mènent leurs levées de fonds.
L'argent des investisseurs est alors « mis au travail », c'est-à-dire placé dans des fonds qui sont investis dans l'achat puis la revente d'entreprises, pour un horizon temps de 10 à 12 ans. Au terme de cette durée, les gestionnaires s'engagent à restituer leur cash aux investisseurs, avec une plus value de 8 à 12 %. En contrepartie de ce retour sur investissement, ils s'octroient de généreuses conditions financières : sur les fonds confiés par les investisseurs, 2 % par an sont fléchés vers les rémunérations fixes des gestionnaires ; ces derniers ont aussi droit à un gros bonus conditionné à la plus-value.