A Montpellier, la start-up ThIA a développé AviPsy, un dispositif numérique visant à fluidifier l’accès aux soins en santé mentale. L’entreprise, qui revendique l’accompagnement de 30 000 patients, vient de boucler une levée de fonds de 5 millions d’euros.Décrété grande cause nationale en 2025, le sujet de la santé mentale prend de plus en plus d’ampleur dans le débat public, les troubles psychiques affectant 13 millions de personnes chaque année, soit une personne sur cinq. Avec un coût faramineux pour la sécurité sociale : 23,3 milliards d’euros en 2023, soit le premier poste de dépenses devant les cancers et les maladies cardiovasculaires. Si on ajoute les coûts indirects (arrêts maladie, perte de productivité, etc.) la facture grimpe à 163 milliards d’euros.
Les troubles de la santé mentale explosent, notamment chez les jeunes de 18 à 25 ans. Frédérique Mozziconacci, directrice générale et cofondatrice à Montpellier, avec le psychiatre Yann Quintilla, de ThIA Santé Mentale, estime que « les besoins augmentent plus vite que la capacité du système à y répondre, les délais d’accès aux soins dépassent souvent deux mois, et la prise en charge est insuffisamment organisée ».
Après quatre ans d’activité, la start-up vient de boucler une seconde levée de fonds de 5 millions d’euros auprès de IRDI Capital Investissement, Sofilaro Innovation, les assureurs Generali et AG2R la Mondiale, des investisseurs particuliers (via la plateforme Tudigo) et des praticiens partenaires.
Des délais de rendez-vous sous neuf jours
A la différence d’autres acteurs dans la santé travaillant sur la prévention, ThIA (15 salariés, 1 million d’euros de chiffre d’affaires) s’est positionnée sur la prévention secondaire, c’est à dire l’identification de la maladie ou d’un problème de santé à son stade le plus précoce. Elle a ainsi développé AviPsy, dispositif organisationnel et digital visant à fluidifier le parcours cordonné entre psychiatre et psychologue et à réduire les délais d’accès aux soins.