Un peu plus d’un an après avoir fermé son atelier de production de vanilline synthétique (arôme artificiel de vanille) situé dans la vallée de la Chimie lyonnaise, le chimiste Syensqo (ex entité du groupe Solvay) revient sur sa décision. Grâce à la taxe antidumping européenne mise en place cet été pour le protéger contre l’agressivité commerciale des acteurs chinois, une production en France serait de nouveau compétitive.Le Belge Syensqo - spin-off depuis 2023 du groupe Solvay et positionnée sur des activités de chimie de spécialité -, rétropédale sur la vanilline synthétique, cet arôme artificiel de vanille dérivé du pétrole et utilisé par l’industrie agroalimentaire, la cosmétique, la pharmacie, etc. Il avait annoncé début 2024 la délocalisation de cette production historique de son usine de Saint-Fons en région lyonnaise (200 salariés) sur son unité de Bâton-Rouge aux Etats-Unis et de Zhenjiang en Chine.
Mais un peu plus d’un an après la fermeture de son atelier dédié, avec la suppression associée d’une cinquantaine de postes, l’industriel aux 6,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (en baisse de 4% par rapport à 2023) remet finalement une pièce dans la machine. La production de vanilline synthétique devrait être relancée à Saint-Fons en début d’année prochaine, avec la création de 25 postes dans un premier temps. D’ici là, l’entreprise doit remettre en état de fonctionnement son outil industriel, recruter les opérateurs et les former. Le montant de l’investissement associé est qualifié de significatif mais n’est pas dévoilé.
Cette relance de la production de la vanilline synthétique par Syensqo est loin d’être anecdotique : Syensqo Saint-Fons en est en effet l’unique producteur européen capable de fournir les volumes importants consommés par les grands groupes de l’agroalimentaire notamment. En face du Belge, les concurrents sont principalement asiatiques.
La taille du marché mondial était évalué à 1,16 milliard de dollars en 2022.
La taxe antidumping chinoise rebat les cartes
Ce volte-face est directement lié à la mise en place depuis quelques semaines d’une taxe européenne antidumping de 131% sur toutes les importations de vanilline (synthétique et naturelle) depuis la Chine. Taxe instaurée après un an d’enquête de la Commission européenne, lancée à la suite d’un dossier antidumping ouvert en 2023 par Syensqo en réaction à une soudaine agressivité commerciale des fabricants chinois. Après avoir estimé que la distorsion de concurrence était réelle, la commission européenne a dégainé rapidement le bouclier protégeant les acteurs européens de la vanilline synthétique et naturelle, Syensqo pour l’essentiel.