Une nouvelle forme de radiothérapie, déjà déployée en Chine et au Japon, pourrait ouvrir de nouvelles voies de traitement à des cancers incurables. L’entreprise américaine TAE Life Sciences, qui l’a développée, vient de signer un accord avec l’Institut du Cancer de Montpellier pour l’implanter en France. A condition de trouver 45 millions d’euros.« C’est le traitement de la deuxième chance, le "care to cure", comme disent les Américains ». En cette fin décembre, le Pr David Azria, radiothérapeute oncologue, chef de service du département Oncologie Radiothérapie de l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM) et président de la Société Française de Radiothérapie Oncologique, ne cache pas son impatience : l’ICM et l’entreprise américaine TAE Life Sciences viennent de signer un accord marquant le lancement du projet AMBRE (pour Alliance Montpellier-Méditerranée pour la BNCT et l'Excellence in Radiothérapie), une initiative visant à établir en France la Boron Neutron Capture Therapy (BNCT).
La BNCT est une technologie de radiothérapie de rupture, une forme avancée de radiothérapie biologiquement ciblée, présentant un potentiel significatif pour le traitement de cancers à mauvais pronostic : les tumeurs cérébrales (glioblastome, cancer du cerveau dans sa forme la plus grave), le cancer du pancréas, les cancers ORL, « les cancers déjà traités par radiothérapie conventionnelle et qui récidivent », précise le Pr Azria.
Selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la santé, il devrait y avoir plus de 35 millions de cas de cancer en 2050, contre 20 millions estimés en 2022. La recherche sur les traitements joue une course contre-la-montre.
« Ce projet ouvre la voie à une approche thérapeutique totalement nouvelle contre le cancer, souligne le Pr David Azria, qui est aussi le directeur du SIRIC Montpellier Cancer (Sites de Recherche Intégrée sur le Cancer). Notre programme de R&D de cette modalité de traitement innovante à Montpellier vise à rendre curables des cancers incurables. »