Exaion : l'État officialise la vente à Mara mais enlève la très contestée clause de non-concurrence

Exaion - EDF Group
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C'est désormais chose faite. Comme l'avait écrit La Tribune jeudi en avant-première, l'exécutif a bien officialisé le rachat d’Exaion (EDF) par l’américain Mara Holdings. Ce vendredi, un communiqué du ministère de l'Économie a annoncé la transaction... avec une modification in extremis.
« Nous avons été extrêmement vigilants : l'État a refusé une cession exclusive pour imposer un partenariat équilibré », ajoute le ministre de l'Économie, Roland Lescure, dans le communiqué. Il s'agissait de la principale mesure – demandée par Mara – qui avait provoqué un tollé du côté de l'industrie.
Concrètement, l'Institut national de Bitcoin (INBi), le lobby des professionnels français de la production de cryptomonnaies, reprochait au géant américain de mettre la main sur la start-up d'EDF spécialisée dans la blockchain pour devenir le seul acteur à pouvoir « miner » du bitcoin avec les surplus d'électricité du pays. « Un acteur américain va avoir un rôle prépondérant dans la flexibilité de la demande et donc sur la stabilité du réseau électrique français et européen », confiait à La Tribune, l’INBi, dans un entretien accordé jeudi. Une accusation qu'a toujours réfutée Mara.
Ce vendredi, l'organisme qui représente les intérêts de la filière française se félicite. « C’est une très bonne avancée et ça prouve que la levée de bouclier a été utile », confie l'INBi. Avant toutefois d'ajouter que « nous allons rester très vigilants et vérifier qu’il n’y ait pas de barrière à l’entrée dans le minage pour d’autres acteurs dans le futur. » Jusqu'à aujourd'hui, cependant, EDF n'autorise aucune activité de minage de bitcoins avec ses surplus de production.
En plus de l'annulation de cette clause, « l’État impose le maintien, sur le territoire français, des activités réalisées par Exaion au profit d’EDF », ajoute Bercy avant de préciser que cette transaction garantit « l’absence d’hébergement de toute donnée sensible d'EDF sur les serveurs d'Exaion afin de prévenir tout risque d'ingérence. » Enfin, l'exécutif annonce avoir mis en place « un mécanisme de suivi attentif par les services du ministère. »
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Avec ces ajouts survenus après la procédure de contrôle des investissements étrangers (IEF) débutée en septembre, Roland Lescure se félicite d'assurer « une protection intransigeante de nos intérêts stratégiques et de notre souveraineté technologique. »
Dans son communiqué, Bercy confirme que l'exécutif a demandé à EDF d'intégrer le milliardaire français Xavier Niel. Via sa holding NJJ Capital, le fondateur de Free détiendra 10 % d'Exaion. « Ensemble, les intérêts français représentent désormais près de la moitié du capital d'Exaion », veut rassurer le ministre de l'Économie.
Et ce n'est pas la seule mesure de rééquilibrage des pouvoirs qu'annonce Bercy. Selon le ministère, « le Conseil d’administration d'Exaion est désormais majoritairement nommé par des investisseurs français ». Exaion aura, à sa tête, cinq administrateurs français sur huit.