Vente d’Exaion (EDF): Bercy déchiré entre souveraineté et attractivité des start-up françaises
Esther Attias et Juliette Raynal
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(Photo d'illustration.)
Reuters
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Le climat est fébrile autour des investissements étrangers en France. À la fin août, Bercy a interrompu la vente de la start-up Exaion, filiale à 100 % d'EDF, à l'acteur américain du minage de bitcoin Mara Holdings. L'accord de cession, publié le 11 août et validé par toutes les parties prenantes, y compris l'État, prévoyait que Mara Holdings obtienne 64 % de la start-up tricolore pour 168 millions de dollars (144 millions d'euros) auprès d'EDF Pulse Ventures, l'incubateur maison d'EDF. Il permettrait à l'entreprise basée en Floride de passer à 75 % du capital d'Exaion d'ici à 2027, contre 127 millions de dollars (109 millions d'euros) d'investissements supplémentaires. Mais la transaction a été bloquée à la dernière minute au motif qu'elle mettrait en péril la souveraineté française dans le secteur des données. Qu'en est-il réellement ? Décryptage en sept questions.
Exaion est une filiale d'EDF qui développe et exploite des data centers afin de proposer des services d'infrastructures consacrés à la blockchain, l'intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et l'informatique quantique. Fondée en 2020, elle est le fruit d'une initiative intrapreneuriale portée par deux salariés du groupe tricolore, Fatih Balyeli et Laurent Bernou-Mazars, dans le cadre d'EDF Pulse, le programme d'incubation de l'électricien. Avant de créer Exaion, Fatih Balyeli était le directeur d'investissements d'EDF Pulse Ventures, le fonds de capital-risque du groupe tricolore qui soutient financièrement les start-up, en échange d'une prise de participation. Laurent Bernou-Mazars, quant à lui, était le responsable des data centers d'EDF.
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EDF ne communique pas officiellement sur les montants investis dans la jeune pousse depuis sa création, mais selon les derniers documents comptables, le capital social d'Exaion s'élève à plus de 18 millions d'euros et l'électricien demeure, de très loin, son principal actionnaire, aux côtés des deux cofondateurs.
Esther Attias et Juliette Raynal