Hydrogène : Air Liquide met la dernière main à son super électrolyseur
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L'usine produira un dixième de la consommation du bassin industriel de la basse vallée de Seine
Adrien Daste - Air Liquide
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L'usine produira un dixième de la consommation du bassin industriel de la basse vallée de Seine
Adrien Daste - Air Liquide
Hydrogène Air Liquide
La blancheur pimpante des façades, striées par endroits de bandeaux verts, contraste avec les infrastructures vieillissantes de la raffinerie toute proche d’ExxonMobil, comme pour préfigurer la bascule dans l’ère du bas carbone. A l’arrière, des techniciens s’affairent pour raccorder des kilomètres de canalisations d’eau et de câbles électriques dans les deux bâtiments jumeaux qui renferment les armoires d’électrolyse. Bienvenue sur le chantier de construction de l’usine Normand’hy d’Air Liquide, au cœur du complexe industriel de Port-Jérôme (Seine-Maritime).
Dans quelques mois tout au plus, l’installation d’une puissance de 200 mégawattheures (MW) (autant que ce que consomme la métropole du Havre !) fabriquera ses premiers mètres cube d’hydrogène « vert » à une cadence inédite en Europe. C’est en effet la première fois sur le Vieux continent que de l’H2 zéro émission sera produit à cette échelle. Nicolas Droin, directeur général d’Air Liquide Industrie France y voit un signal fort envoyé à la filière. « Pour massifier les usages, on a besoin d’amorcer la pompe. Ici, nous sommes face à la pompe », résume-t-il.
Jusqu’ici le géant gazier français n’exploitait que deux « petits » électrolyseurs de 20 MW (au Canada et en Allemagne). Avec cette usine d’une capacité dix fois supérieure, il franchit donc un cap, au prix d’un investissement de 450 millions d’euros (dont 190 alloués par l’Etat). A compter de la fin 2026, Normand’hy produira à plein régime quelque 28.000 tonnes d’hydrogène bas carbone. Sa localisation n’a pas été choisie au hasard.
La basse vallée de la Seine absorbe le tiers du million de tonnes d’hydrogène consommé en France, au prix d’énormes émissions de CO2. Air Liquide y est en terrain connu. Il y possède déjà six implantions, dont deux unités de production d’H2 « gris et bleu » (par reformage du gaz pour partie avec capture du carbone) reliées par une canalisation de 30 kilomètres . « Notre stratégie consiste à faire levier sur nos atouts historiques en capitalisant sur les bassins industriels où nous sommes déjà présents », explique Armelle Levieux, membre du Comex et directrice innovation et technologie.