Alors qu’une hausse de la tension électrique est au cœur de la méga panne qui a touché la péninsule ibérique l’an dernier, EDF estime qu’il est indispensable de maintenir un nombre minimal de réacteurs nucléaires connectés pour garantir l’équilibre du système. Selon un rapport interne consulté par La Tribune, trois zones du réseau sont particulièrement concernées : Normandie-Paris, le Sud-Ouest et le bassin de la Loire.Les réacteurs atomiques d’EDF pourraient être davantage sollicités à l’avenir, non pour répondre à la demande d’électricité, mais pour les services qu’ils apportent à la gestion de la tension du réseau. Objectif : éviter une méga panne électrique, à l’image du black-out qui a secoué la péninsule ibérique le 28 avril dernier. C’est l’une des principales conclusions de l’étude interne consacrée à la modulation du parc nucléaire qu’a pu consulter La Tribune.
Dans la partie technique de ce rapport, jugé explosif et dont la publication a été retenue par les pouvoirs publics, l’électricien analyse les effets de l’intensification des variations de puissance de ses réacteurs atomiques, liée à l’essor du solaire et à une consommation électrique en berne. Mais il consacre aussi une partie de son étude aux contraintes physiques qui limitent cette modulation à la baisse.
Les réacteurs nucléaires de plus en plus sollicités pour gérer la tension
Si les freins liés au fonctionnement intrinsèque des tranches nucléaires avaient déjà été documentés dans une note de Vincent Berger, le haut-commissaire à l’énergie atomique (HCEA), l’électricien met pour la première fois en lumière une contrainte relative à la gestion de la tension sur le réseau de transport d’électricité (RTE).