Carburants : les distributeurs vent debout contre l’encadrement de leurs marges

En 2026, le mécanisme des CEE pourrait augmenter le prix d’un plein de carburant de 1,50 euro selon l’Ufip.
CP/ - REUTERS - Charles Platiau

En 2026, le mécanisme des CEE pourrait augmenter le prix d’un plein de carburant de 1,50 euro selon l’Ufip.
CP/ - REUTERS - Charles Platiau
Le projet du gouvernement d’encadrer les marges sur le carburant suscite une levée de boucliers des distributeurs, qui demandent le « retrait » de ce texte.
Dans une lettre envoyée au Premier ministre ce mercredi 15 avril, les patrons des principaux distributeurs dénoncent un texte « techniquement défaillant, économiquement déséquilibré et juridiquement fragile ».
Le projet de décret prévoit notamment que le prix de vente autorisé soit fixé en tenant compte du prix de référence quotidien de l’essence ou du gazole calculé sur la moyenne lissée des cinq derniers jours (ou cinq dernières cotations) sur le marché de Rotterdam.
Les distributeurs pointent ici « des défauts techniques » qui rendent le texte « inapplicable ». Le prix glissant sur cinq jours décorrèle « le prix de référence réglementaire du coût réel du carburant en cuve », ce qui contraindrait les distributeurs à « vendre à perte ».
Les dirigeants de Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U dénoncent une « atteinte disproportionnée » à leur « liberté d’entreprendre ». Ces cinq leaders du marché français ont exprimé leur position dans une missive datée de mardi.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

En lieu et place de ce texte, ils proposent de suspendre « temporairement » la collecte des certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représente « 15 à 20 centimes par litre ».
Pour Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) interrogé mercredi sur TF1, l’idée du gouvernement est « louable » car il s’agit d'« éviter les mouvements erratiques à la pompe ». Mais, ce mécanisme ne fera baisser les prix que « marginalement », de « quelques centimes », car « le marché » décidera véritablement de la variation des prix.
« Nos marges sur les carburants sont d’un à deux centimes par litre, elles couvrent à peine les coûts d’exploitation », se défendent les distributeurs, pour qui « ce sont les raffineurs-distributeurs qui ont capté des marges brutes considérables depuis le début du conflit en Iran », et ce, alors que « ce décret ne leur impose strictement rien ».
(Avec AFP)