Dans le XIe arrondissement de la capitale, Paris Habitat expérimente des panneaux géothermiques couplés à une pompe à chaleur pour couvrir un quart des besoins en eau chaude sanitaire d'un immeuble de 72 logements. Un surinvestissement pour le bailleur social permis grâce à ses fonds propres.Rendez-vous est pris, vendredi après-midi, devant le 53, avenue Philippe-Auguste, dans le XIe arrondissement de Paris. Plus précisément au deuxième sous-sol de cette résidence de soixante-douze logements.
Quinze ans après la conversion d'une chaufferie au fioul au gaz et au lendemain d'une isolation extérieure, Paris Habitat a adapté ses installations. Le bailleur social y a redimensionné les chaudières Viessmann existantes : une première de 240 kW est dédiée au chauffage et une seconde de 120 kW alimente l'eau chaude sanitaire.
« Les deux usages sont séparés pour pouvoir gagner en performance et condenser au maximum. La puissance de la chaudière eau chaude, reliée à un ballon d'eau de 1 500 litres, est calculée à la puissance la plus juste pour ne pas démarrer trop vite. Le ballon stocke la chaleur et la restitue quelles que soient les circonstances », explique, à La Tribune, Jessica Grégoire, chargée d'exploitation chez Paris Habitat.
145 panneaux aux murs qui récupèrent la chaleur du sol
Depuis février 2025, 145 panneaux géothermiques d'un mètre carré ont été ajoutés. Fixés aux murs des deux niveaux de parking grâce à six vis, ces modules blancs — parfois repeints par les locataires — récupèrent la chaleur du sol environnant. Ils sont reliés à une pompe à chaleur (PAC) eau-eau de 25 kW, elle-même couplée à un ballon de 1 500 litres.
Sur le papier, l'objectif est simple : il s'agit de couvrir 25 % des besoins en eau chaude sanitaire, en appoint/complément/secours de la chaudière à gaz de 120 kW. Un fonctionnement en tandem où les consommations de gaz s'effacent au profit de l'électricité et de la chaleur.
« La PAC transfère la chaleur et le ballon assure le chauffage de l'eau chaude pour les logements. En un peu plus d'un an, l'installation a produit 109 MWh, couvrant 37,2 % des besoins en eau chaude sanitaire tant et si bien que les factures de gaz ont été divisées par deux entre l'été 2024 et l'été 2025 », assure Jessica Grégoire.