L’électrification des bateaux est chantier encore ouvert, où les marges de progrès sont importantes. Le dirigeant d’entreprise héraultais Michel Nave vient de prendre la présidence de l’Association française pour le bateau électrique (AFBE). Il fait le point sur les avancées de la structuration de la filière.Bien que déjà identifiées, la crise au Moyen-Orient vient braquer un puissant projecteur sur les dépendances au pétrole. Selon les données rappelées par l’Ademe en mars dernier, le transport maritime – indispensable à l’économie mondialisée avec 80 à 90 % des marchandises échangées dans le monde qui transitent par la mer – représente aujourd’hui environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (près d’1 milliard de tonnes de CO2 par an). L’Organisation maritime internationale (OMI), qui a fixé un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, prévient que si rien ne change, le transport maritime pourrait représenter jusqu’à 17 % des émissions mondiales à cette échéance.
Mais la marche est haute. La flotte mondiale compte environ 100 000 navires (dont entre 400 et 500 sous pavillon français) mais seulement à peine 2 000 nouvelles unités sont construites chaque année. « Il faudrait cinquante ans pour renouveler entièrement la flotte » rappelle Philippe Cauneau, ingénieur au service Transport et mobilité de l’Ademe dans une note de mars dernier.
« On appuie sur l’accélérateur »
En France, l’Association française pour le bateau électrique (AFBE), créée en 1984, rassemble une centaine d’adhérents : architectes navals, constructeurs, armateurs, etc. Michel Nave, qui dirige l’entreprise E-NAV Systems, créée il y a sept ans à La Grande Motte (15 salariés, 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires), en a récemment pris la présidence.
« Dans le nautisme, l’électrification des moteurs était perçue comme futuriste mais les avancées de la mobilité électrique automobile nous tirent vers l’avant en termes de technologies, d’usage et de culture, et contribuent à faire tomber quelques barrières, comme la crainte de tomber en panne », constate Michel Nave.