Malgré les déclarations de la Maison-Blanche en faveur d'une exploitation du pétrole vénézuélien, rien n'indique que Donald Trump sera suivi par les compagnies pétrolières américaines. Au contraire, le contexte n'est pas propice aux investissements et l'or noir de Caracas risque de couter cher.A la mort d’Hugo Chavez en 2013, son successeur Nicolas Maduro hérite d’un pays redressé par une décennie dorée. A Caracas et dans le reste du pays, le taux de croissance dépassait les 10 %, les importantes dépenses sociales ont réduit de moitié le taux de pauvreté, et la forte inflation était compensée par la hausse des revenus. Seulement, lorsque Maduro s’installe à La Casona, la résidence officielle des présidents vénézuéliens, le contexte s’est déjà légèrement dégradé.
Alors que le miracle économique des années 2000 s’appuyait sur l’exploitation des immenses ressources pétrolières du pays, l’effondrement des cours des matières premières à la faveur de la crise financière de 2008 a entraîné une longue traversée du désert pour le Venezuela. Les États-Unis y mettront un double coup de grâce avec l’arrivée massive de leur pétrole de schiste sur les marchés et les multiples sanctions économiques décidées depuis 2017.
« Le Venezuela continuera de se battre pour un baril de pétrole à 100 dollars », déclarait Maduro dès le début de la crise. Si le combat du chaviste pour un baril à 3 chiffres est resté vain, il révèle combien le pétrole de Caracas est difficile à exploiter et particulièrement onéreux à raffiner. Or, si le pays d’Amérique du Sud a échoué à produire en quantité suffisante l’or noir de son sous-sol, n’en déplaise à Donald Trump rien n’indique pour le moment que les majors américaines en ont l’envie ou les capacités.
Les envies divergentes des majors pétrolières
Avec 300 milliards de barils de réserves déclarés, la prise de contrôle du Venezuela telle que revendiquée par l’administration américaine depuis samedi ressemble à s’y méprendre à une préemption du sous-sol. Seulement, à J+3, et malgré les déclarations de Donald Trump incitant les compagnies américaines à investir à Caracas, la situation est encore floue. « Je ne sais pas ce que veut dire gouverner le Venezuela », explique Philippe Copinschi, docteur en relations internationales et spécialiste des questions énergétiques mondiales. Jusqu’ici seule Chevron était autorisée par Washington à s’aventurer sur les terres socialistes du sud des Caraïbes. Les autres majors en conservent un mauvais souvenir. L’augmentation des taxes sur la production et la mise en minorité dans les joint-ventures par l’entreprise nationalisée PDVSA avaient ainsi poussé Exxon ou encore TotalEnergies à plier bagage dans les années 2000. Résultat : une production en chute libre et des infrastructures qui tombent en ruine.