Pour tenir le devis de ses six futurs réacteurs, une nouvelle fois revu à la hausse à près de 73 milliards d'euros, EDF mise sur les effets de série. L'électricien estime ainsi que le sixième et dernier chantier pourra coûter 30 % moins cher que le tout premier.C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Tel est le credo d’EDF, convaincu que le coût de ses futurs réacteurs nucléaires diminuera à mesure qu’ils verront le jour. Pour en construire six, comme l’a demandé Emmanuel Macron, la facture ne devra pas dépasser 72,8 milliards d'euros, a annoncé le groupe ce jeudi - soit 8 % de plus que le dernier chiffrage présenté il y a deux ans. Mais tous les réacteurs ne coûteront pas le même prix.
En effet, l’électricien mise énormément sur les effets de série grâce notamment à la standardisation et aux retours d’expériences des différents chantiers. De sorte que le dernier réacteur de cette série, situé sur le site de la centrale de Bugey (Ain) et dont la construction est attendue dans les années 2040, devrait coûter sensiblement moins cher que le tout premier réacteur EPR 2 de Penly (Seine-Maritime), dont le premier béton est désormais attendu en mars 2029. EDF compte sur « une réduction des coûts d’environ 30 % entre la première tranche nucléaire de Penly et la dernière tranche de Bugey », a ainsi avancé Thierry Le Mouroux, directeur exécutif chargé de la direction projets et construction chez EDF.
Un gain de 32 mois
Si la facture doit sensiblement diminuer entre le premier et le sixième réacteur du programme EPR2, c’est en grande partie grâce à la réduction des délais de construction. Le groupe table, en effet, sur un gain de 32 mois, soit presque trois ans, entre le premier chantier de Penly et le dernier de Bugey « grâce à un effet très fort de réplication », a précisé Xavier Gruz, directeur exécutif chargé de la préfiguration de la maîtrise d’ouvrage du nouveau nucléaire.