Liquidé en 2021, l’ancien site de la fonderie SAM à Decazeville va connaître une seconde vie avec l'arrivée de deux entreprises sous l’impulsion de la Région Occitanie qui investit 40 millions d'euros. A la clé, 350 emplois seront créés d’ici 2032.Symbole des luttes sociales mais aussi du déclin du bassin minier de Decazeville, l’ancien site de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) entame une nouvelle vie. Cinq ans après la liquidation judiciaire de ce sous-traitant de Renault, Carole Delga a officialisé son renouveau : « à cœur vaillant, rien d’impossible » a lancé la présidente de la Région Occitanie avant de rouvrir les grilles du site, aux côtés des dirigeants de Matières et de Paragon ID, porteurs des projets de réindustrialisation.
Un geste hautement symbolique sur ce site où plus de 280 salariés avaient occupé les lieux jour et nuit durant 154 jours pour dénoncer la fermeture de leur usine. « J’ai refusé cette fatalité », insiste Carole Delga en rendant hommage aux 333 salariés licenciés : « Lorsque la SAM a fermé, nous avons vécu cela comme une injustice. Renault ne voulait plus permettre à ses salariés de produire pour des questions d’optimisation financières et fiscales et pour délocaliser en Espagne. Nous avons mal vécu cet abandon pour la souveraineté du pays et pour l’emploi sur le bassin. Cela a été un déchirement », ajoute-t-elle.
Un rebond industriel à 40 millions d'euros
Pour permettre le rebond industriel sur ce territoire déjà fragilisé par la disparition progressive de son industrie minière, la Région décide de racheter, en 2024, le foncier et plusieurs outils de production de la SAM, pour environ 11 millions d’euros. 40 millions d’euros seront aussi investis par la collectivité pour la construction de futurs bâtiments industriels. « Nous voulions continuer à être des producteurs dans l’industrie lourde. C’est la fierté de notre savoir-faire industriel et cela correspond à l’histoire et à un écosystème favorable », motive Carole Delga. Pour assurer la reconversion du site et sa pérennité, la Région mise sur des industries d’avenir mais aussi sur la diversification : « Être sur un mono-client a été préjudiciable », avance la présidente.