La nouvelle usine de Bourbourg, vitrine de la réindustrialisation française, a été inaugurée. Mais derrière la mise en scène, l’enjeu est clair : prouver rapidement la maîtrise industrielle, dans un contexte où les batteries asiatiques restent 30 à 40 % moins chères.Pas de ruban, mais une voiture. À Bourbourg, l’inauguration de la gigafactory Verkor s’est ouverte avec l’arrivée physique d’une vraie voiture Renault Alpine A390 entre deux lignes de LED vertes tenues par les salariés “Verkoreurs”. Sous les projecteurs bleus et verts des écrans géants, ce véhicule incarne le lien direct entre l’usine de batterie inaugurée ce jeudi et Renault, partenaire industriel clé de Verkor, actionnaire engagé depuis les débuts de la start-up industrielle.
Le choix symbolique était clair : marquer le coup pour une industrie française qui peine à se matérialiser malgré les milliards investis dans la filière.
Autour de la scène, les ministres, les élus locaux et régionaux, les partenaires bancaires et les équipes de Verkor prenaient place pour une cérémonie à la fois solennelle et minutieusement chorégraphiée. Sur un pupitre immaculé, frappé du logo Verkor, les discours se sont succédés, soulignant l’importance de créer en France une chaîne de production de cellules lithium-ion capable d’accompagner la transition électrique.
Mais le vrai moment attendu restait la visite de la première ligne de production. Un des cortèges est conduit au pas de course par Bouly Henri, superviseur de production, qui pilote l’entrée dans le hall industriel. Là où, quelques mois plus tôt, il n’y avait que du béton et des machines en attente, les premiers modules sont déjà alignés, les bras robotisés s’agitent et des palettes de cellules, encore fabriquées à Grenoble, attendent d’être traitées. La première ligne est encore en rodage mais le démarrage de la fabrication est imminent.
Les premières batteries commercialisées en 2026
L’atelier éblouit par sa propreté et sa jeunesse. Les machines de découpe laser, d’enduction, d’empilage, de soudure et de formation électrochimique sont là, ordinaires et impressionnantes à la fois, alignées comme autant d’étapes d’un processus exigeant : la feuille active est d’abord enduite, séchée, découpée, empilée ou enroulée, puis soudée pour former la cellule. Vient ensuite la “formation”, première mise sous tension où la batterie prend vie, avant une phase d’“ageing” où les batteries sont testées avec plusieurs durées différentes. Dans un coin, une cellule est présentée au groupe : cette pièce rectangulaire, elle est le cœur de ce que Verkor appelle sa « ligne de montée en capacité ».