L’économie circulaire s’appuie sur la réduction d’extraction de ressources, la réutilisation et le recyclage-reconditionnement. Dans l’industrie, l’intégration de ces pratiques reste semée d’embûches. Quel engagement, quelles actions, quels modèles, quels freins ? A Montpellier, le Forum des énergies de transition a questionné les enjeux.
Dans un contexte de raréfaction des ressources, la réutilisation des matériaux devient un levier stratégique pour sécuriser les approvisionnements, décarboner les process industriels et réduire la dépendance aux matières premières critiques. Le Forum des énergies de transition, qui s’est tenu à Montpellier du 19 au 21 mai, a dressé un état des lieux de cette transformation dans l’industrie.
« Cette pratique paraît contraire au modèle industriel dominant mais elle est aujourd’hui mise en œuvre dans certaines industries pour des raisons environnementales, de sécurité des approvisionnements, pour toucher un nouveau marché ou créer des emplois locaux », rappelle Caroline Granier, directrice des études au think tank La Fabrique de l’industrie.
Mais la circularité soulève encore plusieurs défis : collecte des matières premières secondaires, contrôle qualité, structuration des filières ou encore création d’une demande suffisamment stable.
Le secteur automobile fait figure de modèle. Fabrice Abraham, ancien ingénieur de Renault spécialisé dans le recyclage et l’économie circulaire, rappelle les trois piliers du secteur : « L’augmentation de la durée de vie, le partage de véhicules - puisqu’on sait que 94 % du temps, la voiture est sur un parking ou dans un garage - et la circularité des ressources. Aujourd’hui, une voiture électrique contient 20 % de matières recyclées, jusqu’à 36 % dans une voiture thermique. Et une voiture est recyclée à au moins 85 % de sa masse, une directive de 2000 imposant de limiter à 5 % la part mise en décharge ».
Le constructeur travaille aussi sur ses propres rebuts industriels : « Une voiture génère entre 200 et 400 kilos de chutes. Avec 2,5 millions de véhicules produits, cela représente près de 400.000 tonnes de déchets par an. Mais Renault a ses propres fonderies pour traiter ses déchets d’aluminium et de ferraille ».
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