Stock stratégique de métaux critiques : « Nous sommes clairement en retard » (French Met')
Propos recueillis par Julien Gouesmat
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Vincent Donnen, porteur du projet French Met'
Julien Gouesmat
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Vincent Donnen, porteur du projet French Met'
Julien Gouesmat
Vincent Donnen est spécialisé dans la gestion active de portefeuille physique de métaux critiques. Après un parcours universitaire alliant géopolitique et l’économie, il a créé et géré un fonds d’investissement sur les métaux critiques. Désormais, il porte, avec d’autres experts du marché des métaux critiques, le projet French Met’ qui propose une solution de stock stratégique de métaux à destination des industriels français. Pour La Tribune, il revient sur ce projet dont les enjeux sont aux confins de la finance, de la sécurisation des chaînes de valeurs industrielles, et de la géopolitique.
LA TRIBUNE. Quelle est la genèse du projet French Met’ ?
Vincent Donnen. J’ai commencé à travailler la question des stocks stratégiques en 2019 en partant d’un constat : la France n’en avait plus et j’avais, de par mon activité, des stocks de métaux critiques. Au début, lors des premières discussions avec des acteurs privés et publics, tout le monde se montrait intéressé… Mais ce n’était clairement pas une priorité. Puis les choses ont changé : il y a eu le blocage du canal de Suez par l’Ever Given, la crise du Covid, les attaques de houthistes en mer Rouge puis les tensions autour du magnésium en Chine, etc. Des bateaux ont été retardés, des contrats n’ont pas pu être honorés.
Nos industriels pensaient que, dans un contexte de mondialisation fondée sur le droit, le contrat faisait loi et suffisait à garantir les approvisionnements. Mais cette époque est en train de s’achever : nous avons surestimé notre propre résilience.
Dans le cadre du projet French Met’, que recouvre le terme de « métaux critiques » ?
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Disons que c’est aujourd’hui l’appellation la plus répandue. Quand j’ai commencé à travailler sur ces sujets, en 2013, cette appellation ne dominait pas. On parlait alors de « métaux rares » tandis que les Anglo-Saxons évoquaient plutôt les « minor metals ». Ces expressions recouvraient un peu tout et n’importe quoi. En réalité, il s’agit avant tout de métaux vendus sur des marchés de gré à gré, en dehors des grandes bourses des matières premières.
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