La filière du lin, dont la France est le premier producteur mondial, multiplie les projets de valorisation. En Bretagne, le secteur est en essor et une nouvelle usine de teillage verra le jour courant 2026.
Une nouvelle aventure industrielle démarre sur le site des anciens abattoirs Gad à Lampaul-Guimiliau en Finistère. Pour relancer une filière du lin historiquement présente sur le territoire, Bretagne Lin lance le chantier de construction d’une usine de teillage.
On l’appelle l’or bleu. Avec 162 000 hectares cultivés en 2024 (sur 200 000 hectares plantés en Europe), la France est devenue le premier producteur mondial de cette jolie plante à fleur bleue qu'est le lin.
Cultivée à 85 % en Normandie et en Hauts-de-France, exportée à 90 % en Chine et en Inde, cette fibre végétale, réputée pour sa solidité, intéresse l’industrie textile mais aussi des industries traditionnelles et de pointe : de l’automobile à l’ameublement en passant par l’aéronautique, les cosmétiques, la corderie et les pâtes à papier.
Rien d’étonnant, dès lors, que la filière française multiplie les projets de valorisation. Après la mise en chantier d'une usine par le négociant lillois Norlin en juillet dernier, une nouvelle activité de teillage du lin verra le jour en Bretagne courant 2026.
À Lampaul-Guimiliau (Finistère), l’entreprise familiale Bretagne Lin investit 14 millions d’euros pour une double relance : celle d'une industrie rurale historique, quarante-cinq ans après la disparition de la dernière usine locale, et celle d'un site industriel, douze ans après la fermeture de l'abattoir Gad.
45 emplois créés, cent à la clé
« Le site de Gad reprend des couleurs avec l’implantation de la nouvelle usine de teillage de Bretagne Lin. Cette reconversion devrait permettre de créer une centaine d’emplois dans un secteur innovant et durable. Une excellente nouvelle pour un territoire, profondément meurtri, à l’époque, par la perte de ses emplois industriels » s’est félicité Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, le 2 octobre, lors de la pose de la première pierre de l'usine. L'abattoir Gad avait fermé ses portes en 2013, entraînant la suppression de 883 emplois.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Après d’importants travaux de déconstruction, qui verront la destruction de 10 000 mètres carrés et la création d'un bâtiment de 4 600 mètres carrés, la future usine accueillera 45 emplois au démarrage. Elle sera spécialisée dans le teillage, procédé mécanique fondé sur la séparation des fibres d’avec la partie ligneuse de la plante pour obtenir une filasse.