Le lin français attire une nouvelle vague d’investissements
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200.000 hectares de lin ont été plantés en Europe en 2024 dont plus des trois quarts en France. Un record.
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200.000 hectares de lin ont été plantés en Europe en 2024 dont plus des trois quarts en France. Un record.
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La récolte du lin semé en septembre 2024 débutera dans quelques jours et elle promet d'être abondante en dépit des aléas climatiques. Pour cause. Jamais notre pays, de loin le premier producteur mondial, n'en avait planté autant. Encouragés par l'engouement des consommateurs pour les fibres naturelles, les liniculteurs se sont sentis pousser des ailes.
Ils ne sont pas les seuls à croire dans les promesses de la plante à fleur bleue. Depuis quelques années, les transformateurs multiplient les investissements à l'aval de cette filière qui, au tournant du siècle, était encore vue comme une belle endormie. Signe qui ne trompe pas, les ministères de l'Agriculture et de l'industrie rapportent avoir accompagné, via différents dispositifs, près de trente projets de développement depuis 2021.
De facto, les lignes bougent sur le terrain. Vieille de plus de 100 ans, la linière du Ressaut a ainsi inauguré, fin juin, une unité de teillage à 17 millions d'euros dans les grandes plaines du Vexin normand. Presque à la même date, la coopérative agricole Agylin a coupé le ruban d'un nouveau site industriel de stockage et de transformation à quelques kilomètres d'Étretat. Un peu plus à l'ouest en Bretagne, le groupe familial Depestele planche sur la création d'une quatrième usine de traitement des fibres de lin, jumelle de celle ouverte il y a un an dans l'Eure.
Dans la Brie, ce sont les établissements Devogèle, seul teilleur de lin francilien, qui projettent de construire une nouvelle installation. En Ariège, l'entreprise Geotex Occitinaie s'apprête à dépenser 30 millions d'euros pour pouvoir fabriquer des « géo-filets » à base de lin ou de chanvre pour le génie civil. En Normandie, la coopérative Natup a relocalisé une filature. Et la liste n'est pas exhaustive. « La filière s'est incontestablement réveillée », se félicite-t-on au sein de l'Alliance européenne du lin et du chanvre.
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Dernier exemple en date, celui du négociant lillois, Norlin (22 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024), spécialisé dans la sélection de fibres françaises et leur revente aux filatures. L'entreprise vient d'investir 5 millions à Malleville-sur-le-bec dans l'Eure pour construire une usine de traitement des fibres courtes du lin : un co-produit moins noble que leurs équivalentes longues. « Cette unité sera le premier pure player de la spécialité en France et nous permettra d'adresser de nouveaux marchés », vante le patron de Norlin, Loïc Charron.
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