Après près de trois années de marche à blanc, la Commission européenne vient de dévoiler son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM, en anglais) révisé, qui entrera en vigueur en janvier. Désormais, cette taxe carbone aux frontières ne se limitera plus seulement aux matières premières.C’était une révision très attendue par l’industrie européenne. Depuis octobre 2023, la Commission européenne teste à blanc son Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM, en anglais). L’enjeu ? Taxer les importations d’acier, d’aluminium et de ciment venant de producteurs non-européens afin d'« offrir une égalité des chances aux industriels européens » commente Wopke Hoekstra. Le commissaire européen chargé de la Neutralité carbone et de la Croissance propre l’assure : « il y avait des trous dans la raquette. Nous voulons éviter les fuites de carbone. »
Accompagné par Stéphane Séjourné, le commissaire chargé de la Stratégie industrielle et de la Prospérité, celui-ci a indiqué que cette taxe carbone aux frontières de l’Europe ne sera plus réservée uniquement aux matières premières importées.
« Nous étendons le MACF aux produits en aval tels que les portières de voiture, les machines à laver et autres équipements domestiques. Ce sont 180 produits en aval qui sont désormais concernés par la mesure », annonce celui qui est aussi vice-président exécutif de la Commission européenne.
Concrètement, de nombreux industriels ont dénoncé des contournements ces derniers mois de par ce manque, en prenant notamment l’exemple des fenêtres importées en Europe. Les producteurs étrangers d’acier et d’aluminium pouvaient être tentés de réduire leurs exportations de métaux vers l’UE pour éviter la taxe sur le CO2 en envoyant des produits assemblés à forte teneur en acier ou en aluminium, qui ne sont actuellement pas visés par cette taxe aux frontières dite MACF. Alors que les industriels européens doivent, eux, payer leur acier ou aluminium plus cher quand ils l’importent, pour produire ces biens. « Nous mettons fin aux contournements possibles du mécanisme », promet le vice-président exécutif.
Un fonds pour soutenir la décarbonation des industriels
Cet aménagement est bienvenu, avant l’entrée en vigueur du dispositif en janvier prochain et la fin des quotas carbone gratuits. « Nous aurons alors tout fait pour garder une industrie de l’acier et de l’aluminium en Europe », estime ainsi Stéphane Séjourné, en mettant aussi en avant l’entrée en vigueur à venir de la clause de sauvegarde sur le marché européen de l’acier et le paquet automobile présenté mardi 16 décembre avec quelques mesures pour l’incorporation d’acier bas carbone européen.