Aviation régionale : pourquoi et comment ATR veut s’imposer aux États-Unis

ATR 42-600 destiné à la compagnie texane JSX
ATR

ATR 42-600 destiné à la compagnie texane JSX
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Et si c’était enfin le « momentum » d’ATR aux États-Unis. Le leader mondial de l’aviation régionale disposerait, selon des études de deux cabinets conseils (Georgia Tech et Seabury Airline Strategy Group), d’un potentiel commercial très prometteur aux États-Unis où l’avionneur franco-italien, détenu à parité par Airbus et l’italien Leonardo, n’a pourtant jamais réussi à percer durablement. Ces deux études confirment dans un premier temps un éventuel remplacement dans les dix prochaines années de 300 jets régionaux vieillissants de 50 places. Si ces appareils n’étaient pas remplacés, près d’un aéroport régional américain sur dix pourrait perdre tout service aérien régulier, estime ATR dans un communiqué publié jeudi à l’occasion du sommet de l’Association régionale des compagnies aériennes (RAA), qui se tient à Washington DC (17 au 19 septembre).
Si elle se confirmait, cette perspective pourrait accentuer l’isolement régional, d’allonger les temps de trajet et de réduire les opportunités économiques pour les zones mal desservies. « Nos recherches montrent que le retrait du service des jets de 50 places n’est pas seulement un problème pour les compagnies aériennes – c’est un défi national de connectivité, a confirmé le Dr Cedric Justin, chercheur au laboratoire de conception de systèmes aérospatiaux de Georgia Tech, cité dans le communiqué d’ATR. Sans remplacement viable, des communautés entières risquent d’être coupées du réseau de transport aérien ».
Par ailleurs, douze millions de passagers régionaux supplémentaires pourraient bénéficier de services aériens sur des liaisons régionales encore non existantes. Notamment sur des routes de moins de 400 milles nautiques, entre des villes qui ne sont actuellement reliées par aucune liaison aérienne directe. Ce nouveau marché pourrait générer un besoin allant jusqu’à 300 avions supplémentaires sur les 20 prochaines années pour répondre à la demande actuelle et à venir, dont 100 avions résultant de la création de routes aériennes sur des itinéraires jusqu’ici uniquement desservis par transport terrestre, selon une étude d’ATR sur les habitudes de déplacement de 80 millions d’Américains (tous modes de transport confondus).
« Les lignes ferment mais la demande ne disparaît pas. Nous avons identifié un potentiel de marché allant jusqu’à 130 routes, et tout ce qui manque, c’est le bon avion, a constaté Rich Scheff, directeur général chez Seabury ASG. L’analyse des réseaux aériens historiques et actuels, y compris une étude menée par Seabury Airline Strategy Group, identifie une demande pour 200 avions. « Notre analyse confirme qu’un avion moderne et efficace de 50 places comme l’ATR (aviation de transport régional, NDLR) peut apporter énormément aux compagnies aériennes et aux communautés états-uniennes ».
Toutes ces études montrent que « le transport aérien régional aux États-Unis est à un moment charnière. ATR se positionne avec une solution adaptée au marché américain qui répond directement à ce tournant, alliant efficacité et confort passager amélioré pour répondre à de nouvelles attentes », estime l’avionneur européen. Face à cette demande potentielle de connectivité régionale, les avions turbopropulseurs ont une carte à jouer, souligne ATR. Le constructeur rappelle que ses appareils peuvent atteindre jusqu’à 2 millions de dollars d’économies annuelles par avion et des coûts de carburant et d’exploitation inférieurs de 30 % par rapport aux jets régionaux. Il estime que « les turbopropulseurs ATR offrent une solution pérenne pour restaurer la connectivité régionale à travers le pays. Cet avantage est déjà reconnu par des opérateurs aux États-Uniens ».
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ATR a récemment remporté quelques succès aux États-Uniens. Ainsi, la compagnie américaine Aleutian Airways a annoncé son intention d’intégrer des avions ATR dans sa flotte (anciennement opérés par Silver Airways, qui a fait faillite le 30 décembre 2024), pour desservir l’Alaska. Par ailleurs, JSX, un opérateur texan, a signé un accord pour opérer des ATR configurés en version premium (30 passagers en classe affaires). Avec une lettre d’intention portant sur 25 ATR au maximum, cet engagement de JSX témoigne de la confiance croissante dans la capacité du constructeur à offrir confort, efficacité et accessibilité dans les régions les plus isolées. « Ces initiatives confirment que le marché est prêt pour une nouvelle approche de la connectivité régionale », estime ATR.
Enfin, en étroite concertation avec des acteurs-clés de l’aviation aux États-Unis, ATR a défini un produit de 50 places pour répondre aux besoins de connectivité régionale de ce pays. « Cette configuration allie une efficacité éprouvée avec des caractéristiques adaptées au marché : une nouvelle cabine triple classe offrant un confort comparable à celui des avions monocouloirs ; une porte avant compatible avec les passerelles d’embarquement ; une connectivité haut débit à bord ; plus d’espace pour les bagages cabine et un cockpit moderne équipé pour les procédures de navigation avancées », précise le constructeur franco-italien. Avec cette nouvelle offre, ATR a l’ambition de s’établir durablement aux États-Uniens.
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Par ailleurs, ATR prépare également l’avenir du transport aérien régional. D'ici à 2030, le constructeur fera voler le premier avion régional hybride-électrique au monde en utilisant un avion d’essai ATR 72-600, dans le cadre du programme européen Clean Aviation. De plus, à travers son concept EVO, ATR imagine « une avancée majeure en matière d’efficacité, de rentabilité et de responsabilité environnementale d'ici au milieu des années 2030 ». Ce projet prévoit un renouvellement du système de propulsion explorant une capacité hybride, des hélices améliorées, une cabine et des systèmes perfectionnés. En outre, le turbopropulseur bimoteur sera compatible à 100 % avec du carburant d’aviation durable (SAF).