Moins d'un an avant sa certification en 2025, le constructeur franco-italien ATR a mis fin au programme ATR 42-600 STOL (Short Take-Off and Landing), un appareil de 30 à 50 places, qui était censé décoller et atterrir sur des pistes courtes (800 à 1.000 mètres). Étudié à partir de 2017 sous la présidence exécutive de Christian Scherer (2016-2018) puis lancé par son successeur Stefano Bortoli en octobre 2019, l'ATR 42-600 STOL n'a finalement pas rencontré le marché qui était attendu par l'avionneur installé à Toulouse. De 650 appareils identifiés en 2018, puis entre 150 et 200 en 2022, le marché est estimé aujourd'hui à moins d'une centaine d'appareils seulement, selon une étude commandée par le leader mondial du marché régional.
« Par conséquent, ATR met fin au développement de sa variante à décollage et atterrissage courts (STOL), l'ATR 42-600S, conformément à son engagement à aligner ses opérations sur les évolutions des dynamiques de marché », a annoncé le constructeur, détenu à 50-50 par Airbus et Leonardo via au Groupement d'intérêt économique (GIE) dans un communiqué publié mercredi.
Les deux actionnaires ont approuvé cette décision lors d'un conseil d'administration qui s'est tenu mercredi matin. L'ATR 42-600S devait être la dernière variante à rejoindre la famille ATR, aux côtés de l'ATR 42-600 et l'ATR 72-600 ainsi que de la version cargo ATR 72-600F. La certification de l'ATR 42-600S était initialement attendue pour le second semestre 2022. Le constructeur avait réussi en mai 2022 le vol inaugural. « La décision de mettre fin au projet STOL reflète notre engagement en matière d'efficacité opérationnelle et de développement durable », a expliqué Nathalie Tarnaud Laude dans un entretien accordé à La Tribune.