Situé dans un container maritime, le prototype de valorisation des moules sous taille par fermentation active des modules, ou réacteurs, qui chauffent les moules à 55 degrés, séparant les coquilles de leur chair, transformée en liquide. Cet hydrolysat...
Pour les professionnels de la conchyliculture, la valorisation des coquillages non-commercialisables et moules sous taille est une problématique qui fait naître des innovations. Dans la baie du Mont-Saint-Michel, l’entreprise Cultimer a mis en service un prototype pour transformer les coquillages en gaz vert.
La qualité des eaux de mer impacte souvent la croissance des coquillages. C’est par exemple le cas pour les moules : chaque année, entre 15% et 20% de celles pêchées dans la baie du Mont-Saint-Michel n'arrivent pas à maturité et sont rejetées dans leur milieu naturel. Afin de réduire ce gaspillage, plusieurs entreprises de la mytiliculture investissent dans des projets pour valoriser les spécimens sous taille, ou hors calibre (d'une taille de moins de 4 centimètres).
Après le projet Kerbone de Mytilimer, qui repose sur l'hydrolyse enzymatique pour transformer la chair des moules en un jus concentré destiné à l'alimentation humaine (arômes alimentaires) ou animale, une autre entreprise de Cherrueix près de Cancale (Ille-et-Vilaine) a mis en service un autre prototype, cet été lors du démarrage de la saison de moules de bouchot.
Développé par Cultimer, en partenariat avec GRDF, cet outil pilote, unique en France à ce stade de développement et breveté en 2021, permet de valoriser les bio-déchets issus de la conchyliculture par fermentation avant méthanisation. Le gaz vert produit est ensuite réinjecté dans le réseau exploité par GRDF.
Fermentation à 55 degrés
« Depuis 2017, Cultimer mène des études et collabore avec des écoles d’ingénieurs et instituts scientifiques pour imaginer une alternative durable. Le prototype permet déjà de valoriser 1.500 kilos de moules sous taille par jour », a introduit Benjamin Le Faou, directeur général de Cultimer France lors d’une visite du site mardi 23 septembre.
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Financé par la Région Bretagne et le fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (FEAMPA), à hauteur de 68.442 euros chacun, ce projet représente 800.000 euros d’investissement sur huit ans, dont près de 300.000 pour la mise en place du prototype.
Situé dans un simple container maritime, cet outil est composé de six modules (ou réacteurs) de fermentation et d’une puissance de chauffe électrique. Durant trois jours, les moules fermentent à 55 degrés.