L'instabilité politique menace le calendrier de la LGV Bordeaux-Toulouse
Maxime Giraudeau et Pierre Cheminade
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À partir de combien d'années de décalage peut-on dire qu'un projet n'est pas prioritaire ? Celui des deux LGV au départ de Bordeaux vers Toulouse et Dax est sur le quai depuis les années 1990. Et voilà qu'il pourrait encore subir quelques années de retard. C'est l'inquiétude que confie à la Tribune un membre de la direction de la SNCF, dont SNCF Réseau est maître d'ouvrage du chantier. Le contexte politique et économique n'aide pas à tenir la mise en service espérée pour 2032 sur le tronçon vers Toulouse et pour 2037 sur celui vers Dax.
Rien d'extraordinaire pour une opération pharaonique qui doit tracer plus de 400 kilomètres de nouvelles voies ferrées à travers quatre départements. Contactée par La Tribune, l'agence Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), qui pilote le projet, maintient que l'objectif de mise en service est toujours fixé à 2032. Le décalage pressenti par certains montre néanmoins la difficile concorde des intérêts autour de l'infrastructure.
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Si elle est une priorité pour les conseils régionaux d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine, ainsi que pour les deux préfets de région très proactifs sur le dossier, l'État et la SNCF sont eux occupés par d'autres sujets. « Avant 2038, il est impossible de livrer un grand tronçon des LGV : il faut déjà accomplir les rénovations prévues par SNCF Réseau sur l'existant, appuie Robert Claraco. En mettant les calendriers de travaux bout à bout, on voit qu'il n'est pas possible de programmer de nouveaux chantiers à court terme. Les moyens humains et techniques sont mobilisés ailleurs », explique ce directeur d'un bureau d'études, bien connu pour avoir réalisé une étude d'alternative aux LGV.
Maxime Giraudeau et Pierre Cheminade