DAIA fait de l'expérience passagers dans les aéroports un atout commercial

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C'est parce qu'ils avaient déjà eu une expérience professionnelle dans l'informatique et les aéroports de la Côte d'Azur qu'Emmanuel Goudard, Patrick Hoang Trong et Fabien Comte, tous trois également issus de la technopole de Sophia Antipolis, ont décidé de lancer DAIA, en 2022. Le but ? Evaluer, données à l'appui, la qualité de service rendue aux passagers et juger ainsi de leur expérience. Car ils avaient fait le même constat : les aéroports sont porteurs de nombreuses données – depuis les parkings jusqu'aux bagages en passant par les boutiques et évidemment les avions. Mais ces données sont éparses ou traitées via des systèmes indépendants les uns des autres. Impossible d'avoir une vision transversale, pour ensuite l'utiliser à des fins prédictives. Or il est important, pour les autorités aéroportuaires et les compagnies aériennes, de s'assurer qu'il y aura assez de personnel pour éviter – entre autres – les queues au comptoir ou au contrôle de sécurité. « Si les files d'attentes sont trop longues ou que la propreté des toilettes laisse à désirer, les usagers ne seront pas satisfaits », explique Emmanuel Goudard, devenu CEO de l'entreprise, basée à Mougins (Alpes-Maritimes). Il existe bien des enquêtes, menées sur un petit échantillon de passagers, mais par définition, elles sont effectuées sur le moment et ne sont pas exhaustives – le contraire de la technologie développée par DAIA.
L’un des outils de DAIA permet d’identifier, avec une précision horaire, les moments de la journée ou de la semaine où les retards de vols s’accumulent le plus, afin d’éviter l’effet domino que chaque retard peut provoquer. Mieux encore : certains retards peuvent être anticipés, ce qui permet de les éviter ou de les réduire. Selon DAIA, sa solution diminue les retards de 11 %. Un gain considérable pour limiter le (coûteux) temps d’immobilisation des appareils au sol et renforcer la confiance des clients envers les compagnies aériennes.
Mais ce n’est pas tout : réduire les retards contribue aussi à apaiser les tensions et incidents dans les files d’attente, diminuant le stress des passagers et améliorant l’efficacité des équipes – notamment celles en charge de la sécurité. « Tout le monde souhaite que l’expérience passager soit la meilleure possible », résume Emmanuel Goudard. Les aéroports, qui veulent séduire les compagnies aériennes dans un contexte de concurrence accrue ; les compagnies, qui cherchent à fidéliser leurs clients grâce à un parcours fluide ; et bien sûr, les voyageurs eux-mêmes.
Au-delà du confort des passagers et de la performance opérationnelle, les études montrent qu’une satisfaction élevée se traduit par davantage d’achats dans les zones commerciales des aéroports. Un argument que les équipes commerciales de DAIA mettent en avant.
« Depuis notre création, nous avons réussi à générer du chiffre d’affaires avec des aéroports, de Brest à Bruxelles-Charleroi, ce qui nous a permis de financer le développement de nos outils sans faire appel à des investisseurs », poursuit le CEO. Aujourd’hui, la pépite de Mougins veut franchir un cap, grâce au programme d’accompagnement de l’Agence de l’innovation pour les transports (AIT)
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« Etre lauréat de Propulse confirme que notre solution a du sens. C'est vraiment une reconnaissance métier de la part de l'AIT. Et c'est maintenant que nous pouvons aller chercher des investisseurs », enchaîne Emmanuel Goudard. Pour conquérir l'Amérique - « où les professionnels semblent tout à fait prêts à tester notre solution », assure-t-il – sans oublier l'Asie, sans doute faudra-t-il effectivement faire une levée de fonds. Le CEO de DAIA est confiant. Non seulement l'entreprise a des succès commerciaux à faire valoir, mais en plus elle bénéficie de la crédibilité apportée par le fait d’avoir été sélectionnée par à l'AIT et son programme Propulse.. « Avoir le soutien des professionnels qui déterminent les règles, y compris en ce qui concerne l'estimation de la qualité de service, est un avantage certain. Nos échanges avec la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) ont été très fructueux », se félicite le lauréat 2024. Autre ambition, à part une levée de fonds et une expansion commerciale : l'application du modèle à d'autres secteurs que l'aéroportuaire, tels que le transport maritime ou le train. Décidément, avec Propulse, DAIA se sent pousser des ailes !