Affluences fluidifie l'accès aux transports en commun

Scan d'un métro pour voir l'affluence
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Scan d'un métro pour voir l'affluence
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Au même titre que l'on vérifie la météo pour organiser un weekend, pourquoi n'y aurait-il pas une solution accessible à tous qui permettrait de mieux planifier un voyage ou une visite ? C'est ce que s'est demandé Paul Bouzol, lorsqu'il était étudiant ingénieur. « Pour réviser à la bibliothèque, les places étaient souvent prises », dit-il. Avec deux amis étudiants, il co-fonde Affluences, en 2014, à Paris, précisément pour collecter des données, à l'aide de capteurs, afin de compter puis de traiter les informations, les analyser et les rendre accessibles via une application disponible sans même créer de compte. Le tout permettant de prévoir le nombre de visiteurs dans un lieu et le moment le plus opportun pour s'y rendre. Cela peut être une bibliothèque, un musée, une piscine mais aussi une station de métro ou une gare.
Un scanner pour jauger l'affluence dans le métro
« Pour les transports, nous avons développé un système qui permet, après traitement algorithmique des images, de scanner les wagons du métro, par exemple, et d'y déterminer l'affluence, pour la retranscrire d'une station à l'autre et mieux réguler le trafic. En outre, si l'usager sait que sur un métro qui arrive, un wagon en queue est vide, il peut se déplacer sur le quai pour monter dedans, au lieu de bousculer d'autres voyageurs à un autre endroit du quai pour le faire en urgence. En conséquence, la montée et la descente sont plus aisées, ce qui améliore la sécurité et, bien sûr, la sérénité du conducteur de la rame. Et enfin, cela permet également aux métros de rester moins longtemps à quai et donc de transporter davantage de passagers avec le même matériel et la même infrastructure », développe Paul Bouzol, devenu CEO d'Affluences.
La R&D a débuté en 2019 pour ce nouvel outil, qui a été déployé à grande échelle à partir de la fin 2023. Aujourd'hui, un peu plus de dix ans après la création d'Affluences – « sur un coin de table, dans une pièce inutilisée de la bibliothèque du Centre Pompidou », se souvient l'entrepreneur – la société, qui a levé 4 millions d'euros fin 2020, emploie 50 personnes et fait rayonner sa technologie, brevetee, auprès d'acteurs des transports, dont la SNCF pour le RER transilien, Transdev pour la gare routière d'Aix-en-Provence, et Keolis, avec, entre autres, le métro de Lyon et les agences commerciales de mobilites d'Orléans. Sans oublier nombre d'universités, le secteur de départ d'Affluences, mais aussi la Tour Eiffel, le Château de Versailles, le Musée du Louvre et les piscines de la Ville de Paris. De même, avec trois bureaux en Europe (en France, en Espagne et en Italie), l'entreprise parisienne aide Milan à gérer le flux de touristes au niveau du Duomo et la Catalogne à fluidifier les allées et venues des étudiants sur le campus de l'Université Polytechnique. « Nous avons aussi quelques clients en Allemagne, principalement des universités, ainsi qu'au Maroc, au Canada et en Amérique du Sud », complète Paul Bouzol. D'ailleurs, « avec notre technologie, nous comptons 250 millions de personnes par an en Europe », s’enorgueillit-il.
Poursuivre la croissance dans les transports grâce à Propulse
Si la solution de comptage développée par Affluences peut servir dans divers secteurs de l'économie, « nous devons poursuivre notre croissance dans les transports. C'est très important de développer la technologie de mesure dans un lieu qui bouge, comme le métro ou le train, et d'offrir en outre des informations de position, le tout grâce à l'open data, en 100 % cloud », assure le dirigeant. Le fait d'être lauréat 2024 du programme d'accompagnement Propulse, de l'Agence de l'innovation pour les transports (AIT), devrait permettre d'atteindre ce but. « Les équipes de l'AIT nous ont aidé à identifier les bons interlocuteurs dans le transport, notamment pour dresser un état des lieux de l'existant, réutiliser des informations en open data et faire sauter d'éventuels verrous », relève Paul Bouzol en parlant du carnet d'adresses, particulièrement étoffé, des spécialistes de l'Agence. Mieux, « avec la légitimité qu'apporte le fait d'être lauréat, nous pouvons convaincre des clients actuels ou potentiels d'expérimenter de nouvelles solutions. Et nous pouvons plus facilement envisager l'idée d'avoir une brique pour l'information et d'autres services attachés », ajoute-t-il. L'objectif ultime est toujours le même : améliorer, toujours et encore, l'expérience voyageurs, pour qu’ils utilisent davantage les transports en commun et participent ainsi à la transition dans les mobilités.