Wimoov accélère le mouvement de lutte contre la précarité en mobilité

Conseillère Wimoov
Bruno Derozier
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Conseillère Wimoov
Bruno Derozier
Le déclic est venu en 1995, à l'époque des grandes grèves. Nombreux sont ceux dont le quotidien a été perturbé. Difficile de se rendre au travail, ou, pour ces étudiants de Nanterre, d'aller en cours. Un groupe d'universitaires décident donc de lancer un système de covoiturage citoyen. Le mouvement est enclenché. Il ne s'est jamais arrêté. Du covoiturage, l'association, renommée Wimoov en 2014, a progressivement élargi sa vision pour englober toutes les mobilités et tous les publics, en particulier les plus précaires. Car la faculté de pouvoir se rendre d'un point à un autre est clé : pour étudier, mais aussi trouver un emploi, se faire soigner, maintenir le lien social et familial...
« Selon la 3e édition du Baromètre des Mobilités du Quotidien, publié en 2024 après une enquête auprès de 13 000 personnes en France, la précarité en matière de mobilité touche 15 millions de Français(es). Elle affecte aussi bien les jeunes que les seniors, les personnes éloignées de l'emploi, les urbains et les ruraux. Puis, elle s'est aggravée ces dernières années. Et elle accroît les inégalités sociales », relève Pierre Garcia, directeur de l'Innovation de Wimoov.
Que faire face à ces enjeux sociétaux ? Wimoov a toujours innové depuis sa création. Outre cette initiative de covoiturage en période de grève, l'association a créé la première plateforme de mobilité en 2002. « Elle visait à aller au-delà d'un dispositif 'serviciel', enchaîne Pierre Garcia. Nous voulions développer l'accompagnement, avec l'ambition d'explorer les compétences de chacun. Les freins, en matière d'infrastructures existent, certes, de même que des barrières financières, mais il s'agit de développer l'autonomie et la multi-modalité. » Puis, en 2008, l'association lance un nouveau métier, celui de conseiller en mobilité. L'accompagnement des différents publics est, là encore, à l'honneur. Enfin, en 2013, elle lance, avec Total, le Laboratoire de la Mobilité Inclusive. « La loi d'orientation des mobilités, promulguée en fin 2019, inclut notre concept de mobilité inclusive », se félicite l'expert de Wimoov. Aujourd'hui, l'association est présente dans plus de 150 zones d'emploi, soit une cinquantaine de départements dans 11 régions de France ainsi qu'en Guadeloupe et à Mayotte. Elle aide ou sensibilise, tous les ans, plus de 50 000 personnes, en situation d'insertion professionnelle ou seniors, en matière de mobilité.
C'est une autre innovation qui a valu à Wimoov d'être distinguée en 2025 dans le cadre du programme Propulse, de l'Agence de l'innovation pour les transports (AIT). Une application numérique qui permettra à la fois d'accompagner davantage de personnes sur plus de territoires, de cartographier l'existant local en matière de transport, de fournir des données pour éclairer les politiques des collectivités dans ce domaine et de faciliter le recours à diverses aides à la mobilité, sans oublier la réduction des émissions de CO2.
En plus de cette approche 'tout en un', ce qui a séduit l'AIT, c'est la singularité du consortium mis sur pied pour l'opération. Un trio gagnant qui se compose d'une association, Wimoov, d'une grande entreprise, Orange, experte en développement technologique mais aussi en infrastructure numérique, et d'une start-up, Finance Mobilité. Cette dernière imagine des solutions financières pour accompagner les entreprises, les collectivités et les usagers vers une mobilité durable. L’approche de l’AIT a particulièrement séduit les équipes de Wimoov. Elle combine expertise, accompagnement sur l’accès aux données et leur usage, ainsi que des mises en relation, y compris avec des investisseurs potentiels. L’AIT offre également de la visibilité aux lauréats de Propulse lors de salons professionnels.. Par exemple,
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« nous sommes traditionnellement présents au Salon des Maires, mais grâce à l'AIT, nous avons pu cette année pitcher devant des élus et des décideurs », se réjouit Pierre Garcia, pour poursuivre : « Notre projet de plateforme, qui a reçu l'appui financier de Bpifrance et de France 2030, vise à toucher un million de personnes à horizon 2032. » Une action innovante qui permet à ses initiateurs d'espérer agir directement sur la courbe jusqu'à présent ascendante du nombre de précaires en mobilité.