OPINION. « Le soutien à l’innovation, condition du "Made in France" »
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Guirec Le Lous
Nicolas Kalogeropoulos
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Guirec Le Lous
Nicolas Kalogeropoulos
Par Guirec Le Lous, Président de MedTech in France (*)
La France est à l’heure de choix stratégiques. Sa situation financière la pousse à examiner à la loupe toutes les politiques publiques à la recherche d’économies. Au moment de trancher, deux questions doivent guider les choix : quelle place la France veut-elle avoir dans le monde ? Et quels investissements nous mettent sur la bonne voie pour conquérir cette place ? Pour y répondre, deux certitudes.
La première : pour continuer à fabriquer en France, défendre nos usines ne suffit pas ; il faut défendre ce qui donne de la valeur à ce qu’elles produisent. Et donc défendre l’innovation, qui transforme une idée née dans un laboratoire en produits utiles, en emplois qualifiés et… en recettes fiscales. Sans innovation, le Made in France devient une promesse fragile, trop facile à concurrencer sur le seul critère du prix. Or, nous ne savons plus fabriquer pas cher en France ; le low cost ne peut donc pas être une stratégie économique gagnante.
Nous avons en revanche de très belles positions dans les industries de haute technologie (aéronautique, défense, santé…) et dans d’autres secteurs de pointe, comme le luxe. La spécificité de ces industries ? Toujours, l’innovation, avec la recherche comme point de départ, et les centres de R&D comme points d’ancrage. Des centres de R&D qui sont souvent – c’est le cas pour la plupart des entreprises françaises des technologies médicales – localisés en France, comme le sont aussi les usines. Quand la recherche est ici, les brevets sont déposés ici, les compétences se développent ici et les emplois industriels restent ici.
Seconde certitude : face à une concurrence internationale qui investit massivement dans la recherche, nous n’avons pas le droit de ralentir. Les États-Unis, l’Asie et d’autres pays européens se livrent une véritable course à l’attractivité pour les projets innovants. Pour tenir notre rang, nous avons besoin de politiques publiques lisibles et stables, donnant aux entreprises la visibilité nécessaire pour investir. Dans cette perspective, le Crédit d’Impôt Recherche joue un rôle clé, parmi d’autres instruments. Il représente aujourd’hui 7 milliards d’euros directement injectés au cœur de la machine à innover, cofinançant des projets qui n’existeraient pas ou plus difficilement sans cela. Il permet de maintenir la vitalité d’un écosystème de recherche industrielle efficace, regroupant des ingénieurs et des chercheurs de premier plan, des médecins d’excellent niveau, des entreprises innovantes qui font rayonner la France. Rien ne serait plus absurde sur le long terme que de détricoter cela, ou d’opposer soutien à l’innovation et à l’industrie et discipline budgétaire. Ils peuvent, et doivent, aller de pair.
Renforcer notre capacité d’innovation, c’est défendre la place de la France et investir judicieusement en finançant des emplois qualifiés. Et c’est offrir aux jeunes ingénieurs, chercheurs, soignants et entrepreneurs la possibilité d’imaginer, de développer et de produire en France les solutions dont le monde a besoin. Si nous voulons que nos entreprises continuent à investir en France, à prendre des risques et à garder une longueur d’avance, nous devons leur offrir un environnement qui serve cette ambition.
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Le moment est venu d’assumer ce choix avec clarté, en faisant de l’innovation un pilier de notre politique industrielle, et non un supplément d’âme que l’on ajuste au gré des contraintes budgétaires. C’est la condition pour que le Made in France soit, plus qu’un slogan, une réalité économique durable.
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(*) Guirec Le Lous est diplômé de École des Mines de Paris avec une spécialisation en management de l’innovation, ainsi que du programme HEC Entrepreneurs. Il rejoint le groupe URGO en 2012, où il occupe successivement des fonctions au sein des équipes de recherche et développement, puis des responsabilités opérationnelles en lien direct avec les clients. Il est aujourd’hui Président de Urgo Medical. Depuis 2019, il est également Président de MedTech in France, l’association représentant les entreprises françaises des technologies médicales. À ce titre, il œuvre au développement de champions nationaux de la MedTech et à la valorisation du savoir-faire français dans ce secteur stratégique.
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