François Sureau, écrivain : « La littérature coïncide avec la vie »
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Portait de François Sureau, réalisé le 18 avril 2026 à Paris au Grand Palais.
LTD/Philippe Matsas/Leextra/Opale
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Portait de François Sureau, réalisé le 18 avril 2026 à Paris au Grand Palais.
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Le bureau est à son image : particulièrement élégant, ceint d’une bibliothèque remarquable, riche de savoureux souvenirs. Même l’emblématique pipe à laquelle il a dû renoncer repose, telle une relique précieuse, dans une boîte vitrée qu’il a lui-même confectionnée et ornementée. Un refuge comme un concentré de sa vie, ou plutôt de ses vies : avocat, officier militaire, académicien, et bien sûr écrivain. Des existences qu’il a eu le goût et le talent d’imbriquer, d’entrelacer, quand d’autres les auraient additionnées.
Oui, plusieurs vies, celles d’une aventure permanente, d’une exigence d’humanité. D’une liberté inconditionnelle et… singulière ; qui peut assumer, comme lui, une (hyper)sensibilité pour l’anarchisme et une inclination pour l’armée qu’il a servie sur les plus féroces terrains de guerre ? Cet amoureux des mystères n’est jamais là où on l’attend. Et son rapport à l’écriture et à la lecture renseigne autant sur lui-même que sur le monde.
La liberté de créer, la juge-t-il menacée ? « Elle n’a jamais cessé de l’être. C’est sa nature. Elle l’est, bien sûr, par les États policiers, totalitaires ou religieux – qui sont parfois les trois ensemble. Elle l’est aussi, ou peut l’être, par les États démocratiques, soit que la “tyrannie de la majorité” les enjoigne au conformisme, soit que leurs gouvernements, par angoisse, bêtise ou démagogie, se mettent à flatter les passions répressives. Elle l’est enfin, à l’intérieur de chacun de nous, lorsque nous revêtons ces “préjugés qui nous tiennent chaud”, lorsque nous hésitons à penser contre nous-mêmes. »