Une longévité exceptionnelle, un succès jamais démenti. Entrée chez Hermès en 1988, Véronique Nichanian a, année après année, contribué à transformer durablement le vestiaire masculin, le libérant de ses diktats et l’enrichissant d’un style unique qui mêle élégance et fonctionnalité, sensualité et épure, justesse et inattendu. Alors qu’elle vient tout juste de dévoiler sa dernière collection – la créatrice britannique Grace Wales Bonner lui succédera en janvier 2027 –, la directrice artistique de l’univers masculin chez Hermès nous a reçus dans son studio pour nous rappeler les lignes de force, et les convictions qui ont toujours présidé à sa création.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous venez de présenter votre dernière et 76e collection. Comment l’avez-vous pensée ?
VÉRONIQUE NICHANIAN — Comme toutes les autres ! Je ne voulais pas de rétrospective, ni de nostalgie, mais cela m’a amusée de parcourir les archives pour l’occasion. Cette collection est à l’image des précédentes mais je l’ai ponctuée de rééditions de modèles créés au cours de ces trente-sept ans : le blouson Quick en agneau réversible noir et naturel, le costume en cuir que j’avais surpiqué de rayures tennis.
C’est un clin d’œil ; une façon également d’attester que ces pièces peuvent être portées aujourd’hui comme hier. J’ai toujours pensé que les vêtements ont un prix et qu’ils doivent avoir aussi une qualité et un sens, s’inscrire dans la durée et même se réparer. C’est mon credo : un vêtement doit être fait pour aujourd’hui, et pour longtemps. Le travail sur la matière, les finitions, la couleur définit une élégance intemporelle que j’ai toujours voulu défendre pour le vestiaire masculin.