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Mort de Giorgio Armani : l'Italie pleure le « roi » de la mode

latribune.fr

Publié le 06 septembre 2025 à 10:46 - Mis à jour le 06 septembre 2025 à 10:46

Giorgio Armani, né à Piacenza (nord de l’Italie) en 1934 dans une famille modeste d’origine arménienne.

Giorgio Armani, né à Piacenza (nord de l’Italie) en 1934 dans une famille modeste d’origine arménienne.

REUTERS/Charles Platiau

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REPORTAGE. Collaborateurs et anonymes se sont pressés dans la matinée pour rendre un dernier hommage au célèbre créateur Giorgio Armani, dans un ancien quartier industriel de Milan. Le créateur était à la tête d’un véritable empire financier de plusieurs milliards d’euros.

Des milliers de personnes ont rendu hommage samedi au « roi » Giorgio Armani, dont le corps est exposé en chapelle ardente dans l'Armani Teatro, lieu emblématique de l'étroite relation entre le couturier et la capitale lombarde.

La dépouille du styliste, décédé jeudi à l'âge de 91 ans, est exposée dans un cercueil en bois clair, sous un bouquet de roses blanches, avant les funérailles prévues lundi. D'imposantes couronnes de roses ont été déposées à l'entrée de la salle où repose le cercueil, au bout d'un couloir aux colonnes de béton brut.

Collaborateurs et anonymes se sont pressés dans la matinée pour lui rendre un dernier hommage, près du siège d'Armani, dans un ancien quartier industriel de Milan, avant de serrer la main de son compagnon Leo dell'Orco. Selon le quotidien italien Corriere della Sera, Armani est décédé d'une insuffisance hépatique soudaine, à la suite d'une pneumonie qui l'avait contraint à être hospitalisé en juin.

« Il nous a beaucoup marqués »

En première ligne, en costumes sombres et lunettes noires, des centaines de salariés du groupe sont venus signer les livres de condoléances. « C'était un homme incroyable, il nous a beaucoup marqués. C'était un exemple, sévère, parfois rude, mais très humain », a commenté, éprouvée, Silvia Albonetti, vendeuse dans le showroom voisin d'Emporio Armani homme.

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Mort de Giorgio Armani, le couturier qui a redéfini le costume moderne pour tous

La chapelle ardente est ouverte de 9h à 18h samedi et dimanche dans le Teatro, une ancienne usine de chocolat Nestlé transformée en 2001 par l'architecte japonais Tadao Ando pour en faire le siège du groupe Armani et le lieu de ses défilés. Minimaliste et élégant, le bâtiment est un des lieux emblématiques de Milan, « la capitale du style ».

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Un empire du luxe

Armani, à la tête d'un empire du luxe de plusieurs milliards d'euros, comptant plus de 600 boutiques dans le monde et plus de 9 000 employés fin 2023, entretenait une « histoire d'amour » avec la ville, soulignent tous les titres de la presse italienne, en rappelant en boucle une de ses déclarations : « Milan est le centre de mon monde, il m'a toujours inspiré ».

« Je viens rendre hommage à un homme qui représentait notre ville, c'est la fin d'une époque », a confié à l'AFP devant l'entrée Fanny Bucci, une Milanaise de 55 ans venue avec sa mère. Elle aimait ses vêtements pour elle comme pour ses enfants. « Il a démontré à de nombreuses reprises qu'il était présent, tout en restant réservé ».

« Transformer l'élégance »

« Il a renforcé l'image du design italien. Et je voyais des photos de lui dans mon enfance en Chine, c'est le premier Italien que j'ai connu », a témoigné Jonah Liu, 29 ans, T-shirt Armani à son effigie. « L'économie italienne était très forte à l'époque de sa gloire. Cette ère nous dit au revoir ».

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Les grandes maisons de luxe au chevet des savoir-faire français

Cet étudiant en ingénierie à Milan a préparé une lettre (en mandarin) pour le couturier défunt : « Vous avez transformé l'élégance italienne en une grammaire générale pour la mode. Vous nous avez enseigné que la simplicité peut être riche et la gentillesse peut être forte », lui a-t-il écrit.

Refus de coter en Bourse son entreprise

Giorgio Armani, né à Piacenza (nord de l'Italie) en 1934 dans une famille modeste d'origine arménienne, était venu étudier la médecine avant de travailler comme étalagiste-décorateur à Milan pour les grands magasins La Rinascente.

C'est dans cette ville qu'il a créée en 1975 la maison Giorgio Armani, et avait depuis toujours voulu rester indépendant, refusant d'être coté en Bourse. Giorgio Armani, affaibli depuis plusieurs mois, avait été contraint de renoncer à ses défilés masculins à Milan mi-juin pour raisons de santé.

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Dans une interview au Financial Times publiée quelques jours avant sa mort, le créateur, qui n'avait pas d'enfants, déclarait que les plans pour sa succession consistaient « en une transition progressive des responsabilités » vers ses « plus proches collaborateurs tels que Leo Dell'Orco », le responsable du design des collections homme, « les membres de (sa) famille et toute l'équipe de travail ».

(Avec AFP)

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