Denim, « poet core », noécostume... qu'est-ce que les hommes portent en 2026 ?

Le défilé Soshiotsuki au gala de Piti Uomo.
LTD / Giovanni Giannoni

Le défilé Soshiotsuki au gala de Piti Uomo.
LTD / Giovanni Giannoni
Rendez-vous incontournable de la mode masculine, le 109e Pitti Uomo vient de s’achever à Florence et de donner le la des tendances du vestiaire masculin pour l’année, avant les défilés de Milan jusqu’à lundi puis de Paris du 21 au 25 janvier. La fashion week homme milanaise accueille les incontournables Prada, Dolce & Gabbana ou encore Brioni, mais fait aussi de la place à Zegna et Ralph Lauren, qui n’y avait pas défilé depuis plus de 20 ans. Malgré le décès de son fondateur l’année dernière, la maison Armani est aussi de la partie.
Au tableau des absents : Versace, qui n’a plus de directeur artistique après le départ de Dario Vitale, ainsi que Bottega Veneta et Gucci, qui attendent les défilés femme en février pour présenter. À Paris, c’est la maison Jeanne Friot (responsable de la tenue de la cavalière de l’ouverture des JO) qui ouvre le bal mardi, suivie d’Études Studio, Louis Vuitton, Kenzo ou encore Lemaire, Ami et Willy Chavarria.
Côté mercato, ce sera la seconde collection de Jonathan Anderson pour Dior Homme et la toute dernière de Véronique Nichanian chez Hermès, qui, après trente-sept ans dans la maison, passera le flambeau à Grace Wales Bonner. La clôture est assurée par Jacquemus, qui vient d’annoncer un défilé le 25 janvier au musée Picasso. En avant-goût de ces défilés, cinq prédictions mode qui feront 2026.

Le travail des deux créateurs invités au salon florentin du Pitti Uomo (l’Israélien Hed Mayner et le Japonais Soshi Otsuki, prix LVMH 2025) a produit une pièce so 2026 : le costume extra-large. Tiraillé entre les codes old school de la tenue de bureau (ambiance Patrick Bateman d’American Psycho) et ceux d’aujourd’hui – un monde du travail transformé en salle de visioconférence – le « corporate core » actuel est plus une parodie d’un passé révolu revue à la sauce des problématiques actuelles. Concrètement, ça signifie des matières respectueuses de l’environnement, des coupes amples et des lignes floues, loin des codes de la masculinité et du management toxique.


Le pyjama trustait déjà les podiums des collections printemps-été 2026, et il n’a certainement pas dit son dernier mot. Giorgio Armani, Louis Vuitton et surtout Dolce & Gabbana en font une pièce maîtresse du vestiaire diurne. Une popeline de coton, unie ou rayée, voire ornée de broderies et portée avec un trench de mi-saison devient l’uniforme de l’année (le rêve !).
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Le comble du chic étant d’investir dans un ensemble de l’iconique marque romaine Schostal, ou dans la nouvelle collection de prêt-à-porter du palace parisien Ritz, en collaboration avec Frame et incarnée par Lou Doillon. Et pour compléter la panoplie saut du lit, des chaussons inspirés des pantoufles vénitiennes ouvrent la marche, comme ceux de Prada ou de la maison Charvet.

Après avoir arpenté les rues avec son tote bag, son chandail et son essai féministe sous le bras, le « performative male » (ou « faux homme déconstruit ») laisse place à une typologie plus ancestrale : le poète. Née sur les réseaux courant 2025, la figure du « performative male » désigne ces hommes à la bien-pensance surjouée et au look normcore à la féminité assumée (un sac à main, un livre, un Labubu). Pour 2026, il semblerait que cette sensibilité s’incarne dans le style « poet core ».
Un chemisier transparent, brodé ou encore à col lavallière (Wales Bonner), des coupes amples et des matières légères comme les chemises à cravates de Saint Laurent ou encore des capes, des cols et un sac cabas (ou « book tote ») reproduisant la couverture d’une édition originale des Fleurs du mal chez Dior.

En cas de période stylistique trouble, le denim reste ce que l’or est à la finance : une valeur refuge. En 2026, il fait même une incursion dans le luxe et continue d’occuper une place privilégiée auprès de la jeune création – notamment parce que cette matière est facile à upcycler. La preuve avec la nomination de Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter à la tête de la création de la gamme Raw Research de G-Star.
Un peu comme Glenn Martens l’a fait pour Diesel, le duo a pour mission de redorer le blason mode de la marque phare des années 2000. Après avoir cartonné en Asie, Levi’s va étendre la distribution de Blue Tab, sa ligne de jean de qualité supérieure inspirée par les techniques japonaises, comme en témoignent aussi les collections au design pointu élaborées en collaboration avec le label nippon Sacai. Côté podium, le jean se porte lâche, délavé, avec empiècements et plus si affinités, comme chez Dior ou Wales Bonner.

Après la CAN, 2026 sera aussi l’année d’un nouveau Mondial de football qui se déploiera à partir du 11 juin, dans les stades des États-Unis, du Mexique et du Canada. Et depuis quelques années, la mode s’insinue de plus en plus dans le foot. Kylian Mbappé en pull en V dans la dernière campagne Dior, l’arrivée des joueurs de l’équipe de France à Clairefontaine comme à un défilé de mode, ou encore le sponsoring de Tommy Hilfiger pour Liverpool FC et celui de Jacquemus pour le club de l’AS Charleval (le village de ses grands-parents)…

À lire également
Les deux univers sont plus que jamais liés, et il y a fort à parier que ça continue, notamment avec le défilé de 3. Paradis, la marque parisienne qui a dessiné des maillots inédits pour le PSG.