ENTRETIEN — Entre le Brésil et la France, l’animatrice et ex-mannequin a su trouver son équilibre à 61 ans, elle fait son retour sur RMC Life avec « Cousu main ».C’est vrai, elle parle fort, elle rit fort. Pas besoin d’une appli pour la localiser : on l’entend avant de la voir, elle s’impose, silhouette féline, déjà presque intimidante. Une présence qui peut dérouter, parfois passer pour de la distance ou masquer des failles. Derrière cette assurance devenue signature sur les écrans français depuis plus de vingt ans affleure pourtant une histoire plus fragile, faite d’exil, de chocs et de relances.
De retour avec Cousu main sur RMC Life (propriété, comme La Tribune Dimanche, de CMA Média), après son succès sur M6, Cristina Cordula reprend le fil. Mais sous l’énergie à la tudo bem se révèle une trajectoire cousue de reprises, de tensions et de persévérance. Chez la jeune sexa, rien n’est figé : tout s’ajuste, se reprend, se transforme. Même les mots sont taillés sur mesure… Avec toujours ce « ma chérie » en guise de point final.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous incarnez la femme sûre d’elle. Est-ce une assurance qui vous a toujours habitée ou le résultat d’un travail personnel ?
CRISTINA CORDULA — Je pense que c’est quelque chose qui s’est construit avec le temps. J’étais une petite fille très peureuse et qui pleurait dès qu’elle allait à l’école. Il y avait aussi l’angoisse de mes parents autour de ma santé. À cinq ans, j’ai été opérée d’une tumeur au cou et cette épreuve m’a beaucoup fragilisée. Quelques séances chez une psychologue ont suffi pour apaiser ce mal-être. Ado, ma détermination à devenir mannequin international m’a aidée à prendre confiance en moi. Un rêve d’autant plus fou que je ne correspondais pas vraiment aux critères de la beauté brésilienne. Je n’étais pas moche, mais pas non plus le canon de l’école ! [Rires.] On se moquait de ma trop grande taille, par exemple. Personne ne croyait vraiment en moi.