Cinq mois après des crues historiques, la France manque d’eau. Quarante départements ont déjà atteint le niveau de crise. Avec un impact considérable sur l’agriculture, la faune et la flore.Rares sont les catastrophes naturelles françaises visibles depuis l’espace. Pourtant, en ce 9 juillet, sur les satellites de la NOAA, l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, l’Hexagone apparaît jauni, comme desséché. Au sol, le constat est sans appel : 99 départements, soit la totalité du territoire métropolitain, connaissent pour tout ou partie des restrictions d’eau. Un niveau inédit aussi tôt dans la période estivale.
Comment en sommes-nous arrivés là ? « Cette sécheresse combine en réalité plusieurs facteurs aggravants : un déficit pluviométrique historique dès le mois de juin et des anomalies de chaleur hors norme début juillet », avance le météorologue Patrick Marlière. Ainsi, en juin, 17 millimètres de pluie sont tombés à Toulouse, 74 % de moins que les normales saisonnières. Et que dire de Bordeaux, où seuls 13,6 millimètres de précipitations ont été relevés contre 70,4 millimètres en temps normal. Un déficit de 81 %. Le nord du pays n’est pas plus épargné. À Paris, le déficit pluviométrique en juin s’élève à 60 %.
Il y a de cela encore quelques mois, une telle situation aurait été difficile à concevoir tant la France était empêtrée dans des inondations historiques, avant de connaître une situation de « crue généralisée » le 16 février. « C’est l’illustration d’une sécheresse éclair, explique le scientifique. Certes, les pluies du printemps ont rechargé les nappes phréatiques », mais le déficit de précipitations a effacé ce surplus. Une absence de pluie aggravée par l’installation pérenne de plusieurs dômes de chaleur qui ont surchauffé notre atmosphère.