ENTRETIEN — De RTL à France 5, il est le médecin le plus médiatique de l’Hexagone. Mais quelles convictions profondes et histoires personnelles se cachent derrière ses prescriptions débitées en rafale ?À 38 ans, Jimmy Mohamed jongle entre consultations et plateaux. Un stéthoscope dans une main, un micro dans l’autre. Médecin avant tout mais star des médias malgré lui, il parle santé sans forceps, quitte à déclencher quelques crises d’hypocondrie.
Fils d’un pizzaïolo égyptien et d’une vendeuse en boulangerie, il a suivi le conseil paternel : « Choisis un métier où personne ne pourra te barrer la route. » Résultat, une thèse improbable sur la constipation en psychiatrie, un ascenseur social express, une blouse blanche bien taillée. La célébrité ? Un effet secondaire. Pas question d’en faire une ordonnance.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Certains vous trouvent un peu anxiogène sur Instagram… C’est grave, docteur ?
JIMMY MOHAMED — [Rires.] Oui, j’entends souvent ça. Mais mon rôle n’est pas de rassurer à tout prix. C’est de dire la vérité, sans culpabiliser mais sans édulcorer non plus. Fumer tue, l’alcool est nocif dès le premier verre. Ce ne sont pas des opinions. Et pourtant, on a presque réussi à faire passer les légumes pour tristes… Les lobbies ont gagné du terrain. Il y a encore beaucoup à déconstruire.
Quand vous nous parlez, on comprend tout. C’est votre obsession ?
Toujours. Je parle aux patients, pas aux médecins. On vit une époque de désinformation. Si on ne parle pas de santé, d’autres le feront… pas toujours bien. Il faut occuper le terrain avec clarté et rigueur. Et ça me rend meilleur médecin. Certains patients me disent : « On dirait que vous parlez comme à la radio. »