« Nero », sur Netflix, « La Grande Galerie francophone », sur TV5 Monde, « Zone interdite », sur M6... Découvrez notre sélection médias de la semaine du 11 octobre 2025.
« Néro », sang pour sang Netflix (4⭐/5)
Néro, disponible sur Netflix (8 épisodes) (Crédits : LTD/Netflix)
Depuis son arrivée en France il y a une dizaine d’années, Netflix mise sur les productions tricolores pour pimenter son catalogue XXL composé majoritairement de blockbusters américains. Pour le meilleur (Drôle, Fiasco ou, dans une moindre mesure, Lupin), mais aussi le pire, à l’image du catastrophique Marseilleavec Gérard Depardieu en 2016. La série Néro fait assurément partie de la première catégorie.
Bienvenue en 1504 dans le sud de la France, frappé par une sécheresse sans précédent. Dès les premières secondes, le décor, aride, est planté avec l’apparition de Néro, campé par Pio Marmaï. Profession : homme de main de Nicolas de Rochemort, vice-consul de la ville de Lamartine.
Bio : orphelinat, rue, prison, palais. Scrupules : aucun. Le genre de mercenaire prêt à dessouder sans ciller les ennemis de son patron. Jusqu’au jour où il croise le chemin de sa fille de 14 ans (Lili-Rose Carlier Taboury), dont il ignorait l’existence. Une adolescente accusée par une sorcière borgne (oui, oui) d’être la dernière descendante du diable. Avec à la clé un dilemme pour notre homme : sauver sa fille ou sa propre peau. Pas évident pour celui qui se voyait déjà écrire sur sa tombe : « Si vous voulez vivre peinard et vieux, ne faites jamais d’enfants ».
Un Pio Marmaï plein de panache
Accrochez vos ceintures et laissez-vous embarquer dans cette fresque déjantée en huit épisodes à mi-chemin entre le film de cape et d’épée – option hémoglobine – et le western spaghetti. On en prend plein les mirettes grâce à sa réalisation léchée et sa lumière poussiéreuse. Le tout servi par un Pio Marmaï au sommet de sa forme.
Déjà bien en jambes après sa prestation dans Les Trois Mousquetaires de Martin Bourboulon en 2023 – où il incarnait Porthos – l’acteur de 41 ans se coule ici avec panache dans la peau d’un assassin cynique tiraillé entre sa soif de liberté et son sens du devoir familial. Un antihéros dont les répliques grinçantes font des merveilles d’humour dans ce road-trip médiéval qui explore également avec justesse l’univers du fantastique.
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« La Grande Galerie francophone », quand l’art sort du cadre (3,5⭐/5)
La Grande Galerie francophone, tous les dimanches à 17 heures sur TV5 Monde (Crédits : LTD/Christophe Lartige/CL2P/TV5 Monde)
« À la télévision, il existe des émissions sur le cinéma, les livres ou la musique, mais aucune consacrée à l’art. C’est invraisemblable. » Le constat est signé Ali Baddou. Pour combler ce vide, le journaliste de 51 ans lance ce dimanche à 17 heures sur TV5 MondeLa Grande Galerie francophone, une émission hebdomadaire dont l’ambition est de faire de l’art une fête : « Ce ne doit pas être un domaine réservé à quelques-uns, il faut le rendre accessible à tous. »
La preuve avec le choix de l’invité principal – très grand public – de cette première : Gad Elmaleh. « Peu de gens le savent, mais c’est un grand collectionneur et connaisseur. Il écume galeries et musées et a un rapport à l’art complètement décomplexé. Avec lui, on a voulu montrer qu’on n’est pas obligé de chuchoter quand on est dans ces lieux-là et qu’on peut ressentir tout un tas d’émotions – y compris le rire – devant une œuvre. »
L’émission d’une heure tournée en public se distingue par son conducteur habile et très rythmé. Au programme de ce premier numéro : l’exposition Pierre Soulages qui a lieu en ce moment au musée du Luxembourg à Paris, la polémique autour du prêt de la tapisserie de Bayeux à l’Angleterre, ainsi que des formats très incarnés. À l’image de ceux proposés par l’historien et critique d’art Hector Obalk, qui arbitre un match entre Cézanne et Van Gogh, ou par l’humoriste Alex Vizorek, qui explique à sa façon pourquoi aimer Kandinsky.
« On reçoit également la musicienne et artiste peintre Nina Childress, qui vient d’être intronisée à l’Académie des beaux-arts et qui a conservé son esprit punk, confie Ali Baddou. On a aussi voulu inviter l’artiste franco-béninois Roméo Mivekannin, qui signe l’exposition de la rentrée à Madagascar. Comme on est sur TV5 Monde, c’est essentiel de ne pas nous cantonner à l’actualité culturelle française. »
Zone interdite, « Au cœur des nouvelles prisons de haute sécurité » (3,5⭐/5)
Zone interdite n’a jamais aussi bien porté son nom. Ce dimanche, le magazine de M6 ne nous propose pas un énième sujet « tarte à la crème » sur ces Français qui ont tout plaqué pour « chiller » au bout du monde ou qui retapent eux-mêmes leur maison de manière écoresponsable, mais une immersion dans un lieu d’ordinaire à l’abri des regards.
Direction les toutes nouvelles prisons de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Orne) et de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Des établissements pénitentiaires dont la mise en place a été décidée après l’évasion sanglante de Mohamed Amra au printemps 2024. Objectif : maintenir les 200 narcotrafiquants les plus dangereux de France dans un isolement total, afin qu’ils ne puissent pas continuer à diriger leurs trafics depuis leur cellule.
Tout au long du film, on découvre comment l’administration pénitentiaire tente de rendre ces établissements complètement étanches. Parloirs sous haute surveillance, fouilles très régulières, entraînement XXL pour le personnel et conseils de discipline musclés : ce document nous permet de vivre de l’intérieur ce changement de braquet. Passionnant.
Zone interdite, « Au cœur des nouvelles prisons de haute sécurité », aujourd’hui à 21 h 10 sur M6.