L'édito de Bruno Jeudy. La télé n’est pas morte
Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

Chaque semaine, Bruno Jeudy fait le point sur l'actualité.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

Chaque semaine, Bruno Jeudy fait le point sur l'actualité.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Face à l'hystérisation du débat public et à la multiplication des fake news, notre vie démocratique a besoin d'une information nuancée. À la télévision comme dans nos journaux. C'est ce que nous nous efforçons de faire à La Tribune Dimanche depuis 90 numéros.
France 2, en choisissant Léa Salamé pour assurer la présentation de son JT à la rentrée, rappelle que les téléspectateurs ont besoin de s'attacher à des figures populaires, fiables et à forte incarnation. Notre consœur, en annonçant qu'elle se mettrait en retrait si son compagnon, Raphaël Glucksmann, se déclarait candidat à l'élection présidentielle, met en lumière la responsabilité et les devoirs des grands noms de la presse audiovisuelle à deux ans d'une échéance politique capitale.
Le JT, ce rituel cathodique qui fait entendre depuis des décennies le chant du monde dans les foyers français, n'a bien sûr plus le même écho en 2025. Les chaînes info ont conquis leur part d'influence. Il n'en demeure pas moins que les informations que délivrent les 20 Heures sont consacrées comme vérités par beaucoup de gens. Plus globalement, la consommation de la télé a évolué avec les replays, les formats vidéo repris sur les réseaux sociaux, jusqu'à TF1 qui innove en s'associant à Netflix.
La récente disparition de deux figures du journalisme, Daniel Bilalian et Philippe Labro, qui ont présenté le journal télévisé sur le service public a bouleversé beaucoup de Français. L'émotion ressentie par nos compatriotes témoigne de l'impact de l'étrange lucarne sur leur vie. Non, la télé n'est pas morte : elle reste un objet de désir, comme le prouvent les quelque 8 à 10 millions de personnes qui suivent quotidiennement le JT de 20 Heures de TF1 ou celui de France 2.
Sans compter les incontournables chaînes info qui donnent chaque jour le la de l'actualité, avec plus de 30 millions de téléspectateurs en audience cumulée en moyenne, dont 12 pour BFMTV (propriété de CMA CGM, comme La Tribune Dimanche). Certes, le public des grands-messes télévisées vieillit mais il se caractérise par sa fidélité. Selon le dernier baromètre de La Croix sur la confiance des Français dans les médias, 69 % d'entre eux placent le JT en tête loin devant les réseaux sociaux et les influenceurs.
Le vieux monde des médias n'a pas dit son dernier mot. Qu'il paraît lointain - la fin des années 1960 - l'opprobre jeté sur la télévision lorsqu'un professeur de français, interprété par Bourvil dans la comédie satirique La Grande Lessive de Jean-Pierre Mocky, sabotait les antennes de télévision, jugée responsables de l'abrutissement de ses élèves !
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Aujourd'hui, la messe du 20 Heures conserve quelque chose de rassurant et permet encore de rassembler les familles. Média de masse, la télévision fait du journaliste présentateur un « interprète de la curiosité publique », pour reprendre les mots de Bernard Pivot. Pourtant, l'érosion de l'audience télévisuelle est réelle : les plus jeunes préfèrent les podcasts et/ou les contenus proposés par leurs youtubeurs préférés... sans nécessairement contrôler la qualité et la véracité des propos de ces derniers.
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Si la télévision est souvent critiquée et à juste titre pour sa propension à diffuser des émissions racoleuses, elle reste un transmetteur indispensable de connaissances et un éveilleur de conscience. Comme le disait justement André Malraux, « il existe une télévision pour passer le temps et une autre pour comprendre le temps ».
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