Festival de Cannes : la France et l'Espagne en force, Hollywood en berne... ce qu'il faut savoir de la sélection
La sélection du 79e Festival de Cannes compte cinq films français.
Association Française du Festival International du Film
La sélection du 79e Festival de Cannes compte cinq films français.
Association Française du Festival International du Film
Une première image en forme d’affiche que l’on verra partout à Cannes et ailleurs : l’édition 2026 du premier festival de cinéma au monde se déroulera sous l’égide des deux héroïnes du film de Ridley Scott devenu culte Thelma et Louise, autrement dit les actrices Susan Sarandon et Geena Davis.
Soit un film américain, alors même que parmi les 105 films présentés du 12 au 23 mai bien peu viendront des États-Unis. Ils ne seront en tout et pour tout que deux, Paper Tiger de James Gray et The Man I Love d’Ira Sachs, sur les 22 films en lice pour la Palme d’or et les autres récompenses de la compétition officielle.
Mais, présidé pour la première fois de son histoire par un cinéaste coréen, Park Chan-wook (Old Boy, grand prix du jury en 2004 et, tout dernièrement, Aucun autre choix), le jury, composé entre autres de l’actrice Demi Moore et de la cinéaste Chloé Zhao, devra trancher entre de très fortes propositions de cinéma signées par des auteurs aguerris, puisque aucun premier film ne figure en compétition.
Affichant pas moins de cinq films, les Français se taillent la part du lion, avec de jeunes cinéastes comme Jeanne Herry, Léa Mysius et Arthur Harari. Ce dernier est ici en territoire connu puisqu’il a coécrit avec la réalisatrice Justine Triet le scénario bigrement efficace d’Anatomie d’une chute, la Palme d’or de 2023.
Quant au Français Emmanuel Marre (auteur du très remarqué Rien à foutre avec Adèle Exarchopoulos), son film Notre salut, avec Swann Arlaud dans le rôle principal, fait déjà sensation. S’inspirant du parcours de son arrière-grand-père, le cinéaste fait le portrait d’un collabo sous l’Occupation. Cette période sera également au centre d’un autre film en compétition, Moulin de László Nemes, lequel, à l’exact opposé, retrace le destin du grand résistant français.
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Or un troisième film, mais hors compétition, fera parler de lui : L’Âge de fer, le premier volet de La Bataille de Gaulle, diptyque d’Antonin Baudry consacré au chef de la France libre, avec Simon Abkarian dans le rôle-titre. Quelques semaines après la sortie en salles du film de Xavier Giannoli Les Rayons et les Ombres, on mesure combien cette période noire et troublée revient en force sur le grand écran, portée par des productions très exigeantes.
Si le cinéma français fait manifestement bonne figure, l’Espagne, qui « pointe sa corne », comme le chantait Claude Nougaro, n’a pas moins de trois films en lice : les nouveaux opus du chef de file Pedro Almodóvar (Autofiction) et de Rodrigo Sorogoyen (L’Être aimé, avec Javier Bardem… dont on parle déjà pour le prix d’interprétation masculine !) ainsi qu’une très ambitieuse fresque adaptée d’un roman inachevé de Federico García Lorca, La Boule noire, des réalisateurs Javier Calvo et Javier Ambrossi, auteurs de la série très remarquée La mesías.
Almodóvar et Sorogoyen abordent tous deux le thème de la fiction au risque de la réalité et inversement, en mettant en avant des personnages de cinéastes, là où l’Iranien Asghar Farhadi, avec Histoires parallèles, fait jouer à Isabelle Huppert le rôle d’une romancière en pleine écriture. La tendance est donc à l’introspection artistique chez une partie des cinéastes cannois.
Certes, le cinéma hollywoodien ne sera guère présent dans les salles de la Croisette cette année, mais Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, a choisi en contrepoint de rendre hommage à quelques stars d’outre-Atlantique, au premier rang desquelles Barbra Streisand, à qui sera décernée une Palme d’or d’honneur et qui a déjà déclaré pour l’occasion : « Le cinéma transcende les frontières et la politique et affirme le pouvoir de l’imagination pour façonner un monde plus compatissant. »
Cette même prestigieuse récompense sera remise à Peter Jackson, le célèbre réalisateur de la trilogie du Seigneur des anneaux. D’un millésime à l’autre, le Festival de Cannes reste ainsi fidèle à sa vocation : célébrer le cinéma dans tous ses états et ses éclats.