ENTRETIEN – Révélé par « Petit Paysan » et starisé grâce à « Anatomie d’une chute », l’acteur a conquis le cinéma français. Rencontre à l’occasion de la sortie de « Sukkwan Island ».
Il s’est installé dans le métier avec autant de discrétion que ses personnages à l’écran sont magistraux. À 45 ans, Swann Arlaud pourrait parader avec ses trois césars (meilleur acteur pour Petit Paysan d’Hubert Charuel en 2018, meilleur acteur dans un second rôle pour Grâce à Dieu de François Ozon en 2020 et pour Anatomie d’une chute de Justine Triet en 2024), la cinquantaine de films et les cinq pièces de théâtre qu’il a à son actif.
Mais l’acteur se méfie du star-système – peut-être parce qu’il est issu d’une famille d’artistes qui l’a prévenu des difficultés du métier : petit-fils de scénariste et de comédien, il est le fils du décorateur Yan Arlaud et de la metteuse en scène de théâtre Tatiana Vialle et même le petit-fils par alliance de Jean Carmet.
Regard perçant et écoute attentive, il donne rendez-vous aux Buttes-Chaumont (19e) plutôt que dans un palace du triangle d’or parisien : l’endroit sied mieux à celui qui n’a pas eu peur d’apporter son soutien aux luttes et réflexions contemporaines comme MeToo, les Gilets jaunes ou Nuit debout. Capable d’endosser les rôles d’hommes en résilience comme en résistance, Swann Arlaud n’a qu’une peur, se laisser enfermer dans un registre – il a d’ailleurs la réputation d’avoir refusé des rôles importants.
Entretien avec celui qui revient justement là où on ne l’a jamais vu : dans un film survivaliste sur une douloureuse relation père-fils, tourné dans le cercle polaire, où il flirte avec la folie.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Qu’est-ce qui vous a le plus attiré dans ce scénario, le côté survivaliste ou cette relation cabossée entre un père et son fils ? SWANN ARLAUD – Un mélange entre le scénario, qui était très fort, et cette idée d’aventure qui ne nous est pas souvent donnée à vivre dans une vie. Le cinéma nous permet de nous confronter à des paysages et des conditions inhabituelles, on « rencontre » les lieux et les gens différemment, ce n’est pas du tourisme ! Les défis sont toujours excitants par leur côté « dépassement de soi » : c’est comme la chasse au trésor, on doit plonger, ramper sous un tronc d’arbre… Ça ramène un peu de sel dans les choses de la vie.
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