ENTRETIEN – Les deux acteurs sont à l’affiche de la comédie très réussie de Pierre Salvadori, qui ouvrira le Festival de Cannes mardi soir.Elle l’appelle « Marmite » et lui « Demoustatche ». Et ils rigolent ensemble comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Leur duo à l’écran est tout aussi fluide et jubilatoire que lors de l’exercice de l’interview : Anaïs Demoustier et Pio Marmaï font des étincelles dans l’excellente comédie de Pierre Salvadori La Vénus électrique. Lui en peintre éploré ayant perdu sa femme et l’inspiration, et elle en circassienne de foire, roublarde et prête à tout pour sortir de la misère, ils maîtrisent autant la langue que le rythme et l’humour, indispensables à la comédie.
Leur duo, complété par celui formé par Gilles Lellouche et Vimala Pons, devrait sans problème conquérir les spectateurs du Palais des festivals comme celui des salles obscures dans toute la France.
LA TRIBUNE DIMANCHE – La Vénus électrique est une comédie avec du rythme, de l’humour, de la légèreté, mais qui aborde aussi des sujets sérieux comme le deuil ou la culpabilité. Est-ce rare de recevoir un scénario de comédie aussi virtuose ?
Anaïs Demoustier : C’est un peu comme un cadeau. On a l’habitude de lire des scénarios plus ou moins excitants et surprenants et celui-là était vraiment ultra-plaisant, à la fois riche, très bien écrit et très exigeant. J’ai senti le potentiel plaisir que j’allais prendre à tourner ce film et à l’amusement qui découlerait de toutes ces couches de « fiction dans la fiction », de légèreté mais aussi de profondeur, car le film parle en effet de thèmes assez intenses.
Pio Marmaï : C’est la manière dont Pierre Salvadori construit ses films : il aborde des sujets profonds sans que ça empêche la fantaisie et la comédie. Moi, j’adore voir à l’écran des gens qui sont totalement au bout du rouleau, ils me font marrer : je ne sais pas comment l’expliquer mais j’ai besoin de ça, ça me rassure ! Et c’est intéressant à jouer, ça crée des personnages avec beaucoup plus d’épaisseur.