François Simon a testé les poissons et les fruits de mer du Bar à Sole, à Jouy-en-Josas

La chronique de François Simon.
LTD/DR

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La Bièvre passe ici. Elle file même sous ce qui fut un moulin. Il moulait encore du grain lorsque le fameux Oberkampf l’acheta en 1760 pour calandrer les toiles de Jouy et broyer les produits de coloration. En ces temps, sa célèbre manufacture employa jusqu’à 1.600 ouvriers.
Depuis, la Bièvre a coulé sous les ponts et, récemment, un restaurant de poissons s’est installé ici. De prime abord, on ne le remarque pas. Il est presque isolé sur une placette et près du passage à niveau. Régulièrement, un TER passe rayer le paysage puis s’en va. À la tête de ce restaurant, un couple de restaurateurs, Andrei et Elena, essaie de convaincre la clientèle des alentours de la pertinence de leur choix.
Des poissons, des fruits de mer dans ce paysage bucolique ? Et alors ? C’est même sacrément courageux, voire dans la logique de cet univers d’être à contre-courant. C’est ainsi que l’on se fortifie témoins une carte et des menus vaillants proposant bien entendu de la sole, parfaitement cuite, belle et crénelée comme un peigne.
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La partition est bien équilibrée, délivrant des pommes de terre rissolées, une petite salade. Les entrées s’activent bien avec vivacité et précision : couteaux, sashimis. On sent dans cette maison un vrai travail de passionnés, scrupuleux et chaleureux même si pour nous mettre en porte à-faux, le feuilleté maison était un peu laborieux, souffrant sous une crème envahissante et un feuilletage essoufflé. Qu’importe, ce restaurant dans le coin est une bonne nouvelle, il mérite que l’on s’attable à la délicieuse terrasse donnant sur la Bièvre qui alors ralentit son cours comme si elle voulait se mêler aux conversations.
Bar à Sole, 2, rue Oberkampf (Jouy-en-Josas). Comptez 45 euros. barasole.com