Quand la « femme chocolat » nous entraîne manger des churros à la chocolaterie de San Ginés, on reconnaît la meneuse de troupe. Olivia Ruiz nous guide dans Madrid, où elle s’est installée trois mois avec compagnon et enfant. Un besoin de mouvement qui épouse celui que prône son nouveau roman au titre évocateur : ¡Vamos!, l’histoire d’une mère et de son fils de 10 ans qui voyagent pendant un an.
Dans les rues de la capitale, elle trotte, perchée sur des talons de 13 centimètres bientôt troqués Plaza Mayor contre des baskets, de places en pâtisseries, de curiosités en détours - la Casita – Museo de Ratón Pérez, petite souris madrilène cachée dans les murs. Elle enchaîne. Rooftops discrets, bars à tapas que l’on écume avant d’arriver à son restaurant favori, terrasse animée avec un accordéoniste peu inspiré en fond sonore.
On commande tout – huevos rotos, croquetas, torrijas, lait frit –, on partage, on goûte. Le tout assaisonné de mille histoires. Un enterrement à Montmartre, un pneu crevé sur la route de l’aéroport de La Havane, un tournage à Ouagadougou : chaque anecdote prend des airs d’épopée. Chez Olivia Ruiz, les récits se vivent, portés par sa gouaille, son accent occitan enrobant et son sens aigu de l’observation.
Ce dernier week-end de mars où nous la rencontrons marque la fin de la parenthèse madrilène. Ici, elle a achevé son nouveau livre, écrit une préface à la bande dessinée Josep d’Aurel (à paraître le 15 mai) et travaillé à l’adaptation en série de son premier roman. Dès le lundi, elle reprend la vie parisienne et retrouve la scène avec le gala de la Fondation Recherche Alzheimer. Sur le toit du palais de Cibeles, d’où Madrid s’étire sous la lumière de fin d’hiver, elle glisse que, pour elle et sa famille, boucler les valises a un goût de trop peu. « Ici, tout est plus naturel, personne ne me reconnaît. » Au même instant, la bande-son diffuse… une reprise de la Mano Negra par Olivia Ruiz. Un hasard, ou l’un de ces signes qu’elle aime glisser dans ses histoires.