ENTRETIEN — À travers son deuxième roman, Julien Perez nous plonge dans un huis clos entre un écrivain raté et la jeune et puissante fondatrice d’une plateforme où les trois quarts des Français partagent leurs rêves.Si d’aventure il est réussi, c’est le deuxième roman qui, pour un écrivain, tient lieu d’acte de baptême. Avec NyxX, Julien Perez, musicien de son état et auteur d’un premier roman audacieux paru l’année dernière*, peut désormais prétendre à ce statut. L’idée de Julien Perez est fantastique – au sens propre : une jeune fille de 25 ans, Pauline Grandgeorge, a fait fortune (immense) en inventant NyxX, un réseau social où les utilisateurs (les deux tiers de l’humanité, rien que ça !) partagent les rêves dont des casques noirs – également commercialisés par l’entrepreneuse en chef – ont permis l’extraction…
Quand commence notre histoire, la révolution sociétale et anthropologique provoquée par l’« attrape-rêve » a déjà eu lieu : Pauline Grandgeorge est à la tête d’un empire (elle fait de la production audiovisuelle, de l’événementiel, du conseil, elle a des cliniques, etc.), et elle a choisi un écrivain raté de deux fois son âge, Karol Malik, pour écrire sa biographie.
Le voilà donc, grand gaillard de 1,96 mètre un peu pataud ne comprenant ce qui lui vaut d’avoir été élu et cependant bien décidé à saisir cette occasion inespérée de se refaire, qui rejoint la wondergirl… au fin fond du Pays Fort, dans un petit village dont la notoriété est encore moins grande que la sienne à lui : Sandre-ès-Bois. C’est ici, dans ce coin reculé de campagne, que se trouve la maison de Pauline Grandgeorge. Celle dans laquelle elle s’est proposé d’héberger l’écrivain le temps des entretiens – car ces deux-là ne se sont jamais vus.