« The Mountain », « Perfect Imperfection », « Run »… Nos critiques scène de la semaine

Nos recommandations théâtre et spectacle musical de la semaine du 16 mars 2026.
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Nos recommandations théâtre et spectacle musical de la semaine du 16 mars 2026.
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Un temps surnommé « le nouveau Menuhin », apprécié pour son approche sobre et sensible des œuvres de Bach et de Tchaïkovski, le violoniste prodige Daniel Lozakovich a été mis en lumière lors de la réouverture de Notre-Dame de Paris.
Né en Suède de parents exilés de l’ex-URSS et signé en 2016 sur le prestigieux label Deutsche Grammophon alors qu’il n’avait que 15 ans, il offre ici avec la pianiste québécoise Hélène Mercier (l’épouse de Bernard Arnault, qu’il connaît depuis dix ans) un répertoire qui a tout pour séduire. On reconnaît les mélodies romantiques de Rachmaninov (Vocalise), Debussy (La Fille aux cheveux de lin), Fauré (Après un rêve), ainsi que des madeleines plus contemporaines comme La Chanson d’Hélène de Philippe Sarde ou l’inusable Youkali de Kurt Weill. Leur interprétation de cristal est de celles où on se love sans heurt.
Guidé par le poème de Friedrich Rückert pour un lied de Gustav Malher (Je me suis détaché du monde), le violoniste explique avoir voulu, pour ce disque, des poèmes musicaux faisant écho aux inspirations de son enfance.
ℹ️ Lost to the World (Warner Classics)

Dans le sillage de ses illustres aînés (The Beatles, The Rolling Stones…), Gorillaz s’offre un pèlerinage musical en Inde avec ce neuvième album traversé par la finitude et le deuil. Une expérience intime pour les deux têtes pensantes du groupe cartoonesque – le chanteur Damon Albarn et le dessinateur Jamie Hewlett – frappés à dix jours d’intervalle par la disparition de leurs pères.
C’est d’ailleurs sur les bords du Gange que le leader de Blur a dispersé, en 2024, les cendres de son paternel (l’architecte Keith Albarn) pour ensuite parcourir le pays des maharadjahs et donner naissance à cet album riche en télescopages stylistiques et mantras sur l’au-delà (« the end is the beginning »…).
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The Mountain s’ouvre en beauté sur une mélodie traditionnelle sertie par le sitar d’Anoushka Shankar, conviée sur plusieurs titres aux côtés d’autres pointures de la musique indienne, dont la reine de Bollywood Asha Bhosle (92 ans), sur le sublime The Shadowy Light. De manière habile, le casting convoque, aux côtés d’artistes bien vivants, les voix d’amis disparus pour des hommages posthumes – Tony Allen, Dennis Hopper, Mark E. Smith, chanteur de The Fall, sur le tempétueux Delirium.
Si l’ensemble privilégie l’introspection méditative au fil de ballades élégiaques, Damon Albarn livre également une poignée de chansons taillées pour le dance floor comme The Manifesto avec le rappeur argentin Trueno et l’irrésistible Damascus ambiancé par le chanteur (de mariages) syrien Omar Souleyman. Entre mélancolie et urgence de vivre, Albarn porte également un regard acéré sur l’état du monde, tantôt satirique (The Happy Dictator avec les Sparks), tantôt désolé (The Sad God).
ℹ️ The Mountain (Kong). En concert le 5 juin au festival We Love Green à Paris. Le 11 juillet au festival Musilac à Aix-les-Bains.

On le savait comédien, dessinateur à ses moments perdus, le voici chanteur. Deux ans après un album live fort convaincant (Cantona sings Eric), le « King » de Manchester récidive avec ce premier album studio au titre ironique, Perfect Imperfection. Au menu, onze chansons pop-rock écrites et composées par l’ex-footballeur sous l’ombre tutélaire de ses héros (Leonard Cohen, Nick Cave, Alain Bashung, Serge Gainsbourg, Léo Ferré…).
De sa voix grave et profonde, Cantona se fait conteur (plus que chanteur) pour célébrer, en français et en anglais, ses obsessions d’une plume souvent allégorique. C’est l’amour grisant (On se love), ses petits arrangements avec la vérité (Que je travestis), son âme de poète rebelle dans le lumineux Of the Sun (« je suis un rêveur les pieds sur terre, je ne mourrai pas à genoux »).
Évidemment, Cantona n’oublie pas de chanter ses révoltes face au chaos planétaire. Exercice délicat dont il s’acquitte avec brio dans We Believe in Ourselves. Une ballade crépusculaire sur « le tonnerre de la guerre », d’une actualité absolue, à l’image de son brûlot Droigts : « L’homme n’a plus ses droits / Il ne lui reste que ses doigts /Pour à ces bandes de tordus… » On vous laisse découvrir la suite.
ℹ️ Perfect Imperfection (Universal)
Un temps surnommé « le nouveau Menuhin », apprécié pour son approche sobre et sensible des œuvres de Bach et de Tchaïkovski, le violoniste prodige Daniel Lozakovich a été mis en lumière lors de la réouverture de Notre-Dame de Paris. Né en Suède de parents exilés de l’ex-URSS et signé en 2016 sur le prestigieux label Deutsche Grammophon alors qu’il n’avait que 15 ans, il offre ici avec la pianiste québécoise Hélène Mercier (l’épouse de Bernard Arnault, qu’il connaît depuis dix ans, lire ci-contre) un répertoire qui a tout pour séduire.
On reconnaît les mélodies romantiques de Rachmaninov (Vocalise), Debussy (La Fille aux cheveux de lin), Fauré (Après un rêve), ainsi que des madeleines plus contemporaines comme La Chanson d’Hélène de Philippe Sarde ou l’inusable Youkali de Kurt Weill. Leur interprétation de cristal est de celles où on se love sans heurt. Guidé par le poème de Friedrich Rückert pour un lied de Gustav Malher (Je me suis détaché du monde), le violoniste explique avoir voulu, pour ce disque, des poèmes musicaux faisant écho aux inspirations de son enfance
ℹ️ Lost to the World (Warner Classics)