Éric Cantona : « C’est très jouissif de pleurer »
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel
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Eric Cantona adore la chanteuse P.J. Harvey, a-t-il confié à « La Tribune Dimanche ».
LTD/HÉLÈNE PAMBRUN
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Eric Cantona adore la chanteuse P.J. Harvey, a-t-il confié à « La Tribune Dimanche ».
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Difficile pour le champion du ballon rond de garder les crampons sur le gazon. En témoigne ce slogan mégalo imaginé par son sponsor Nike en référence à l'année de la victoire anglaise en Coupe du monde : « 66 fut une grande année pour le football anglais. Éric est né. » C'est sûr qu'à l'époque, sur les terrains, « King Eric » allait droit au but en cas de dispute.
Mais aujourd'hui, à 58 ans, la bête est bien plus facile à apprivoiser. Véritable couteau suisse, Canto est devenu une espèce de vieux sage avec lequel on se checke de la main. Avec l'aura et la tendresse d'un Sébastien Chabal et les punchlines - parfois de l'au-delà -, d'un Jean-Claude Van Damme. Et quand il oublie le titre du dernier livre qu'il a dévoré, il sort son vieux Nokia 3310 (celui à 12 touches, avec le jeu du serpent) pour appeler son épouse, Rachida Brakni. Il a l'air d'un petit enfant, ce colosse de 1,88 mètre aux larges épaules avec ses chaussettes rouges à motifs de sucres d'orge multicolores, s'excusant de la déranger pendant sa visite à la bibliothèque. « Toute ma fantaisie est dans les chaussettes. »
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Et puis, sans envoyer de signaux de perte d'attention, il s'arrête de parler pour écouter le silence. Comme un arrêt de jeu. Il ferme les yeux. Je ferme les yeux. Puis les ouvre pour voir s'il rouvre les yeux. Paupières fermées. Alors ce n'est pas le bruit du silence que j'entends, mais celui du tic-tac du compte à rebours car je n'ai que le temps d'une mi-temps. Mais finalement, le sablier du temps n'existe pas avec Canto. « Si je m'emmerdais avec vous, je serais déjà parti. » Bref, vive le temps additionnel.
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel
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