LA TRIBUNE DIMANCHE — L’Assassin assassiné, cette chanson mythique que vous allez réinterpréter jeudi, vous l’avez écrite et chantée alors que la peine de mort n’était pas encore abolie…
JULIEN CLERC — C’est une chanson manifeste ! Cela me touche beaucoup que l’Élysée me demande de la chanter. Ce sera une version raccourcie, car la version initiale est longue. Quand on y pense, c’est une drôle d’aventure, cette chanson ! Nous l’avons écrite ensemble en 1978 avec Jean-Loup Dabadie. Pour être honnête, une fois la chanson terminée, je l’ai mise dans un tiroir. Le climat était très tendu à l’époque, et j’avais parfois ce réflexe de me dire : « Mais de quoi tu te mêles ? » Jean-Loup était triste que je ne la chante pas. Puis, peu après, en janvier 1979, il y a eu une émission qui lui était consacrée sur FR3. Il m’a dit : « En tant qu’ami, viens chanter cette chanson. » Je ne pouvais pas refuser. J’y suis allé, et le standard de la chaîne a littéralement explosé sous les appels.
Quelques mois plus tard, vous avez assisté à un procès d’assises dans lequel plaidait Robert Badinter…