ENTRETIEN — Grand prix de la biographie politique du Touquet, l’historienne Lorraine de Meaux célèbre tous les combats de Germaine Tillion dans une biographie qui révèle toute la modernité de l’héroïne de la Résistance.Le grand prix de la biographie politique du Touquet* vient d'être décerné à l'historienne Lorraine de Meaux pour sa passionnante biographie de la résistante Germaine Tillion. Une héroïne nationale qui est entrée au Panthéon, dont plusieurs lycées et une promotion de l'ENA portent le nom, mais qui reste une inconnue.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Une certaine idée de la résistance, dit le sous-titre de votre livre, avec un r minuscule... Pourquoi ?
LORRAINE DE MEAUX — Ce petit r est là pour souligner que l'engagement de Germaine Tillion ne s'est pas limité à son action dans la Résistance française. Même si, dès le 17 juin 1940, en entendant le maréchal Pétain appeler à cesser le combat, sa réaction est immédiate : dire non. Comme beaucoup, elle n'entendra pas l'appel du général de Gaulle le 18. Mais le 19, un soldat polonais lui parle d'un officier français nommé de Gaulle. Au-delà du réconfort qu'elle éprouve, elle se dit : voilà un pseudonyme bien trouvé ! C'est révélateur de son courage et de sa lucidité. Son nom est connu de tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la Résistance, mais au fond bien peu savent tout ce qu'elle a fait.
Elle a défendu de multiples causes, comme celle des Chaouïas en Algérie ou la possibilité de faire des études en prison. En racontant sa jeunesse, l'influence de sa famille, ses travaux d'ethnologue, j'ai voulu démontrer la cohérence de ses choix. Son exemple devrait être une source d'inspiration pour beaucoup aujourd'hui. Elle incarne en effet une forme d'humanisme lumineux.
Propos recueillis par Carole Barjon